Marie-Dominique Minassian

 

La communauté de Tibhirine :

exemple de synodalité1

 

« Le thème de la synodalité ce n’est pas le chapitre d’un traité d’ecclésiologie, encore moins une mode, un slogan ou un nouveau terme à utiliser ou à exploiter dans nos réunions. Non ! La synodalité exprime la nature de l’Église, sa forme, son style, sa mission. »2

Le pape François, qui s’adresse à son diocèse de Rome, explique, en termes simples mais néanmoins percutants, la prise de conscience qu’il souhaiterait faire vivre à toute l’Église. La synodalité dit quelque chose de nous, de notre identité, de cet « entre-nous » que nous devons faire grandir pour ensuite l’élargir.

Une Église synodale est une Église de l’écoute, avec la conscience qu’écouter « est plus qu’entendre ». C’est une écoute réciproque dans laquelle chacun a quelque chose à apprendre3. Cela nous met immédiatement sur la piste de ce qu’il y a à entendre, et de la manière dont nous écoutons et dont nous communiquons. Est-ce que ce sont seulement des paroles que nous échangeons, des mots qui passent entre nous, ou bien est-ce bien plus ? Pour expliciter le modèle de synodalité qu’il aimerait promouvoir dans la vie de l’Église, le pape François nous offre un exemple en la personne d’un saint qui lui est cher : saint François d’Assise « a écouté la voix de Dieu, il a écouté la voix du pauvre, il a écouté la voix du malade, il a écouté la voix de la nature. Et il a transformé tout cela en un mode de vie »4.

L’écoute de la Parole

C’est ici que nous commençons à entrevoir un parallèle entre saint François et Tibhirine. Car Tibhirine, c’est aussi un style de vie, une vie d’écoute. À mesure que nous fréquentons les écrits qui nous dévoilent cette spiritualité, nous nous rendons compte que ce qui a été premier dans leur expérience, c’est l’écoute de la Parole de Dieu. Pour des moines, il n’y a rien d’original… Pour autant, les moines sont un rappel permanent pour toute l’Église de ce qui est essentiel dans la vie chrétienne : vivre à partir d’un Autre, rencontré d’abord, premièrement, dans cette Parole qui vient jusqu’à nous.

Voici un premier texte de Christian de Chergé, le prieur de cette communauté, qui nous partage un peu de son expérience de cette Parole.

« La Parole de Dieu est un puits. Toute Parole, chaque parole... Au désert de notre langage, il y a des “mots creux”, et il y a aussi des “puits” ; (comme le robinet d’eau tiède, la parole fraîche ou chaleureuse), le mot du bout des lèvres, et le mot du cœur. Celui qui veut écouter Dieu découvrira ces puits, chacun le sien. La Parole qui se livre, il faut encore la forer, la sonder... »5

Dès l’instant où l’on va se risquer au bord de ce puits, nous allons entrer dans le dynamisme de la Parole qui va venir révéler ces mots qui nous habitent. Sommes-nous du côté de l’eau tiède, de l’eau fraîche ou de l’eau chaleureuse ? De quoi nos mots sont-ils remplis ? C’est une question devant laquelle la Parole va nous placer constamment. Sommes-nous, effectivement, ce lieu d’incarnation pour la Parole ? Correspondons-nous à l’Amour qui nous appelle quand nous la lisons ou quand nous l’entendons ?

Écoutons encore frère Christian dans un Chapitre à ses frères :

« C’est lui [Dieu] qu’on écoute (Parole), c’est lui qu’on célèbre, c’est son œuvre qu’on veut faire. Cela veut dire qu’on apprend à S’EFFACER : on s’investit tout entier sans prendre la place. La Parole a connu le risque de se confier à nous... ce n’est pas pour que nous l’enfermions dans notre sens (ce serait un contre-sens), ni dans notre façon de la lire comme si c’était nous qui devions la rendre vivante. Elle VIT, autrement que nous. Nous n’avons pas à lui donner souffle... plutôt à laisser deviner qu’elle est vraiment notre SOUFFLE. »6

Quand nous ouvrons le livre, ce qui nous arrive, c’est effectivement le souffle d’un autre. Telle la voile d’un bateau qui se gonfle, ce n’est pas nous qui faisons avancer le bateau, c’est bien le souffle, le vent. À nous de nous exposer, de consentir à nous laisser faire par ce vent, ce souffle qui est celui de l’Esprit. Frère Christophe, le plus jeune de la communauté, avance la même idée à sa manière :

« Demeurer dans ta parole : non pas la répéter docilement comme une leçon apprise, mais l’habiter, y prendre racine, en vivre, s’en nourrir au point d’être peu à peu conformé à elle, d’en épouser le mouvement, le Souffle. »7

Alors, à quoi faut-il s’attendre quand nous ouvrons le livre ? Il faut s’attendre à une conversion, à un mouvement profond de conversion à l’autre : un exode et une conversion à tous.

Revenons à frère Christian qui, dans un autre Chapitre à ses frères, va nous permettre de faire un pas de plus :

« Objet de la lectio : un moyen privilégié à l’école de la contemplation et pour l’éveil de “la foi à la réalité de la présence de Dieu en soi et autour de soi”. Elle est “source de prière continuelle” qui est union du cœur à Dieu qui parle au cœur. “Découvre le cœur de Dieu dans la Parole de Dieu” (saint Grégoire). Le résultat ? Celui qui lit va recevoir la grâce d’incarner cette Parole dans sa vie et celle-ci va en être toute transformée. Cf. la question de Jésus au scribe : “Que lis-tu dans l’Écriture ? Qu’est-il écrit ?” La TOB traduit même “Comment lis-tu ?” (Lc 10, 26)... Fais cela et tu auras la vie […] “Conformons-nous intérieurement à l’Écriture” dit saint Bernard. Isaac de l’Étoile : “Que le Christ soit pour nous le Livre écrit au dehors et au dedans... Présentez aux autres votre vie à lire !” Une véritable ascèse de l’intelligence et du comportement. »8

Un long texte, très dense : faisons quelques soulignements…

Tout d’abord, plus nous lisons la Parole de Dieu, plus nous entrons dans le mystère d’une Présence : la réalité de la présence de Dieu en soi. Nous devenons peu à peu de plus en plus sensibles à cette présence de Dieu en nous, mais aussi autour de nous. La sensibilité de l’oreille intérieure va aiguiser l’écoute extérieure. Nous découvrons que Dieu parle… et qu’il le fait à travers les autres, et aussi à travers les événements...

Deuxième soulignement : plus nous lisons la Parole de Dieu, plus nous recevons la grâce, si nous y croyons, d’incarner ce que cette Parole veut dire à notre vie, et de mettre en partage ce que cette Parole veut faire porter de fruit à notre vie.

Et enfin : « Présentez aux autres votre vie à lire ». Il me semble que nous avons à retrouver là la force et le désir du témoignage, quelque chose qui dit naturellement, qui « transpire » Dieu, et qui amène les autres à se poser la question de la source profonde de notre existence. Frère Roger de Taizé avait cette très belle recommandation : « Ne parlez de Dieu que si l’on vous pose des questions, mais vivez de telle manière qu’on vous pose des questions ».

Chaque jour nous sommes donc mis au défi de l’écoute : « Aujourd’hui, écouterez-vous sa Parole ? (Ps 94) » interpelle chaque matin le psalmiste à l’office des Vigiles… Frère Christian commente à ses frères :

« C’est AUJOURD’HUI que la Parole se lira dans l’AUJOURD’HUI de Dieu, c’est aujourd’hui aussi qu’il faut la recevoir, l’ÉCOUTER.

Éternellement, le Père dit du Verbe : Moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ! Dans le mystère de l’Incarnation, cette génération du Verbe s’accomplit en tous ceux qui sont nés de Dieu parce qu’ils l’ont accueilli chaque aujourd’hui. Ce psaume nous rappelle que l’éternité n’a que l’aujourd’hui pour se signifier, s’incarner. »9

« C’est aujourd’hui que la Parole se lira dans l’aujourd’hui de Dieu. » La formule est très élégante… il y a comme « deux aujourd’hui » : le nôtre, celui de Dieu, et toute la grâce à recevoir et à vivre, c’est que les deux aujourd’hui ne deviennent qu’un seul. Et quand les deux aujourd’hui coïncident, c’est cela qui crée de l’éternité. L’éternité n’a que l’aujourd’hui pour se signifier et s’incarner. Frère Christian le rappelle souvent dans ses écrits. C’est une belle mission, et personnelle et communautaire.

Pourquoi frère Christian insiste-t-il sur cet « aujourd’hui » ? Nous passons notre temps, en communauté, à lire la Parole et à la relire ; la liturgie nous la présente année après année, et nous pouvons avoir l’impression de connaître ces textes par cœur ! Pourquoi les lire et les relire, sinon parce que nous devons les recevoir aujourd’hui ? La Parole ne change pas, c’est nous qui changeons… Alors la Parole qui ne change pas va donc pouvoir nous dire du neuf à nous qui changeons… nous allons y écouter quelque chose de différent pour notre vie d’aujourd’hui. Et c’est chaque jour que la Parole vient solliciter notre cœur pour l’éveiller. À nous de savourer de mieux en mieux ce que notre aujourd’hui a d’unique10. Merveille ! Là, nous sentons le contemplatif qui nous invite à habiter notre vie telle qu’elle est. Et nous savons que « l’aujourd’hui », à Tibhirine, n’a pas toujours été facile. Il a même été extrêmement éprouvant, tragique, et jusqu’à la fin, sous la pression des événements. Nous pouvons donc bien recevoir ces mots avec leur histoire en arrière-fond, qui nous atteste qu’il n’y pas dans leurs écrits et leur expérience que poésie ou mystique. Il y a là un réalisme et un secret spirituel pour nous faire traverser le tout de notre existence avec tout son poids de joies et de peines. Il y a là une vitalité qui peut nous rejoindre à tout moment dans notre lecture de la Parole : c’est l’Esprit Saint. Frère Christian nous explique…

« L’Esprit Saint est la vie de Dieu. Il est la vie du Verbe. C’est donc lui qui “donne vie” à la Parole de Dieu... qui entretient la vie de ce langage d’homme confié à la foi de l’Église pour qu’elle y découvre sans cesse le parler de Dieu. Comme toute vie, celle-ci est faite pour être donnée, pour être reçue, pour être vécue. Il dépend de nous que cette Parole soit pour nous, et dans le monde d’aujourd’hui “Parole de vie” ou, au contraire, “lettre morte”. »

Plus nous lisons la Parole, plus nous nous familiarisons avec la manière de parler de Dieu. Nous savons bien qu’Il parle de multiples manières dans la Bible. Il nous revient donc de choisir, d’entrer en connivence avec ce « parler de Dieu » pour que, précisément, cette Parole devienne la parole de vie que les autres attendent, parce qu’ils en ont besoin. C’est cela notre mission : offrir ce dont les autres ont besoin. Et Dieu compte sur nous pour ce faire.

Une nouvelle fois, un certain réalisme va nous être offert dans ces lignes du prieur de Tibhirine :

« Le retour à la Parole est onéreux. Il implique une “lectio”, c’est-à-dire un accueil de l’Esprit Saint avec, au départ, cette attitude de pauvreté, d’écoute, de silence intérieur qui peut seule faire de “cette” Parole notre “vie” d’aujourd’hui. Frère Henri [Vergès11], disait à frère Michel : ce qu’on attend de vous, ce sont des textes, des paroles qui ont été méditées (que ce soit les psaumes, les lectures ou les intentions de l’Office, les introductions ou les homélies à la messe). Cela veut dire aussi que s’il est légitime de prendre appui sur ce que d’autres ont écrit, prêché, pensé sur les textes qu’il nous faut commenter (et je ne m’en prive pas), il faut toujours, pour que notre parole soit vivante et qu’elle donne vie, qu’elle soit le fruit de notre propre vécu, qu’il s’y mêle quelque chose de notre propre sang. »12

On pourrait penser que cette réflexion ne concerne que les prêtres, mais en fait, puisque nous devons « présenter notre vie à LIRE aux autres », toute notre vie peut devenir, sous l’action de l’Esprit Saint, une prédication. Il y a cependant plusieurs conditions pour que ce soit effectivement le cas.

D’abord, réellement, accueillir l’Esprit Saint en nous, croire à son action. Car l’enjeu, c’est que nous devenions une parole de vie pour les autres. Et pour cela, il faut que quelque chose de notre propre sang se mêle à notre parole. Pour échapper aux mots creux, il nous faut laisser l’Esprit Saint s’emparer de notre vie et consentir à ce que la Parole nous conduise dans ces lieux non visités de nous-mêmes qui ont besoin de conversion afin que la puissance de l’amour se manifeste dans notre faiblesse. Il y a, donc, dans l’Esprit, cette force capable de nous mettre en route, de nous mettre en vie, et par là, de nous mettre en éveil devant la parole de l’autre.


L’écoute mutuelle

Cela nous amène à la deuxième dimension de l’écoute : l’écoute mutuelle. Reprenons le fil de notre réflexion avec le pape François :

« L’Esprit Saint, dans sa liberté, ne connaît pas de frontières, et ne se laisse pas non plus limiter par les appartenances. […] Le Saint-Esprit a besoin de nous. Écoutez-le en vous écoutant mutuellement. »13

Nous pourrions être tentés de dire que c’est une vision plutôt horizontale, mais c’est bien le contraire : c’est une vision théologale de nos relations. Quand nous avons reçu l’Esprit Saint dans la Parole de Dieu, nos oreilles et nos cœurs s’ouvrent et se conjuguent pour écouter plus largement et faire « lecture divine » des autres, qui deviennent, à leur tour, pour nous, une parole de la part de Dieu.

« Chacun peut participer à cet effort de traduction continue de la Parole. […] On ne prendra jamais l’Esprit Saint en photo. Dans la diversité de nos tempéraments et de nos cultures, chacun de nous a quelque chose à dire de cette Parole qui est sa Vie. »14

C’est bien ce que nous sommes en train d’essayer de vivre comme chrétiens : une traduction continue de la Parole. Frère Christian a une autre belle formule pour dire ce qu’est l’Église : « l’Église, c’est l’incarnation continuée ». C’est beau ! Faisons de telle sorte que l’Incarnation continue d’être vraie, en nous et entre nous. C’est sérieux et c’est grave. Donc, remettons-nous suffisamment souvent devant cette invitation. Mais ne perdons jamais de vue, pour ne pas être écrasés, que c’est l’Esprit Saint qui est l’agent de nos bonnes relations !

Pour que cette traduction soit active, il y a à ouvrir très largement notre attention pour entrer dans cette richesse de l’Esprit Saint qui parle en chacun. Ne laisser personne de côté : cela commence à devenir difficile parce que nous avons des tendances – très naturelles – à nous replier quand nous ne nous reconnaissons pas vraiment dans ce qui est dit par d’autres. Dans cet effort de traduction – qui est un processus –, l’essentiel, c’est de toujours garder au cœur le désir d’être ensemble cette Parole, d’être personnellement et ensemble adhérant à cette Parole de vie, et donc, en conversion perpétuelle, en écoute de cette différence qui nous oblige et nous meut les uns par les autres vers l’Unique.

« C’est par la bonté que l’homme est appelé à dominer l’univers, mais en se détournant du bien, il a cédé à la tentation et à l’illusion de la force. Et cette confession de la bonté de Dieu se répercute dans l’accueil du semblable : Celui-ci est la chair de ma chair... Dieu a même besoin de ma conversion à l’autre pour continuer de me créer librement à son image, homme et femme, de génération en génération. »15

Cet extrait de Chapitre est très important, car il souligne le critère de bonne santé de nos communautés qui est précisément « l’accueil du semblable ». Au fond, plus je suis accueillant, plus nos communautés sont accueillantes, et plus nous sommes dans cette confession de la bonté de Dieu, et vice versa. C’est cela la santé spirituelle. Elle implique une conversion permanente à l’autre. Quelle exigence ! Tibhirine était une petite communauté… moins de dix frères, donc : impossible de fuir ! Il se disait d’ailleurs volontiers que cette communauté était « impossible », avec des tempéraments forts, des milieux sociaux différents, des théologies différentes, des options différentes… et pourtant, ils ont fait corps, ils ont fait communauté… et quelle communauté ! Donc, tout est possible dans la force, l’adhésion que nous offre l’Esprit Saint pour entrer dans cette conversion permanente aux autres. Le prieur de Tibhirine a une belle manière de l’exprimer :

« Ce qui se cherche entre nous, dans nos communautés, n’est pas à fleur de peau, ni même à fleur de cœur. Nous finissons par savoir que ça nous tient profond !

Ainsi, il n’y a de contemplation possible que là où il y a ouverture à la communauté de vie, à la communion, à la famille humaine tout entière...

Et il n’y a de communauté possible que là où il y a disponibilité à la contemplation des merveilles de Dieu cachées en chacun, des signes de l’Unique qui s’écrivent sur nos visages comme autant de différences promises à la communion des saints. Même s’il faut encore que, pour un peu de temps, cela nous soit difficile à voir. »16

Quelle lucidité ! Évidemment, ce n’est pas facile à voir ! Ce regard contemplatif, auquel Christian nous invite, peut nous sauver de beaucoup de choses. Il va bien évidemment au-delà d’un regard de surface ou d’une réaction épidermique. Nous allons bien plus profond, à la racine de ce qui permet d’envisager l’autre, de le voir dans cette lumière de son identité la plus vraie.

« Parce que nous sommes tous faits de chair et de sang, nous sommes tous membres en devenir du Corps du Christ. En chacun de nous le Verbe veut se faire chair, c’est-à-dire que tout frère selon la chair peut redevenir pour moi Parole de Dieu. »17

Cette citation nous interpelle et ce qu’elle pointe doit encore pouvoir faire un trajet en nous : cela demande d’y croire. Croire qu’il y a de la croissance, que cela bouge. Cela veut dire qu’on ne peut figer personne, qu’on ne peut mettre personne sous verre : l’autre a toujours la capacité de grandir, d’être plus grand même que l’image que je m’en fais actuellement. Et c’est plutôt une bonne nouvelle : « Tout frère selon la chair peut redevenir pour moi Parole de Dieu » rappelait, à raison, frère Christian. Pourtant, son réalisme nous rejoint encore dans ce nouvel extrait :

« Ne pas s’étonner que la Parole soit dure à accueillir et qu’elle nous conduise toujours plus loin que nos rivages ou nos points d’appui. Le jour viendra où cessant de patauger nous accepterons de perdre pied définitivement, et ce sera la vie.

Ne pas s’étonner que l’autre ait une parole à nous transmettre et à devenir, au nom de Dieu, auprès de moi. Si j’accueille cette parole qui est vie, pour lui, je m’expose à y découvrir un écho du Verbe unique et éternel. Communion profonde entre deux êtres lorsqu’ils sont devenus vraiment nourrissants l’un pour l’autre et qu’ils sont portés à faire silence ensemble parce que la parole qui les unit est esprit et vie, et qu’elle est Présence réelle inexprimable.

Ne pas s’étonner non plus que ce frère soit une Parole dure à comprendre et qu’il faille vaincre bien des murmures intérieurs ou extérieurs avant que soit créé entre nous le climat d’amour qui lui permettra de se livrer en ce qu’il a de meilleur et d’éternel. »18

Quand on se risque à suivre l’Évangile jusque dans sa radicalité, il faut donc s’attendre à un voyage, à larguer les amarres, loin de nos zones de confort ! C’est aussi un thème cher au pape François. Les périphéries ne sont pas seulement les périphéries extérieures, il y a nos propres périphéries intérieures. Il faut également aller les rejoindre. Préparons-nous donc à un voyage pour aller écouter jusqu’au bout ces échos du Verbe. Vatican II nous a offert une formule intéressante. Les Pères conciliaires parlaient de ces « semences du Verbe », cachées là, livrées à notre écoute. Il nous faut pouvoir les redécouvrir en toutes choses, en toute personne.

Mais il nous faut bien reconnaître qu’on ne voit pas immédiatement notre frère, notre sœur comme une Parole de Dieu. Les murmures intérieurs, même s’ils ne se verbalisent pas, existent au plus profond de nous-mêmes et il nous faut, non pas nous résoudre à cela, mais réellement persévérer afin de contribuer à ce climat d’amour. Frère Christophe a une très belle manière de formuler ce désir, qui peut nous inspirer : « J’aimerais rejoindre cette terre pacifiée où je prie le Notre Père sans oublier personne ».

Peut-être que cela peut nous inviter à entrer dans cette bienveillance qui nous permettra de voir, de discerner chez l’autre ce qu’il a de meilleur et d’éternel. Là encore, la manière monastique de le vivre est éclairante :

« L’écoute mutuelle est un juste équilibre entre parole et silence […]. Car la parole est aussi une valeur monastique (pas le bavardage ni la parole qui fait du bruit...).

Est-ce que je suis assez « chrétien », « cordial » avec chaque frère ? Cela n’exclut pas les tensions, les divergences de points de vue. Mon frère est toujours plus grand que l’idée que je m’en fais. Au pire : il vaut beaucoup mieux que l’idée qu’il a de moi !

Ai-je le courage de la correction fraternelle évangélique : va trouver ton frère... gagne-le (Mt 18, 15ss) ?

Quelle est la teneur de la parole, la coloration des paroles que je pense (sans le dire forcément) qui m’habitent ? »19

Qu’est-ce que nous injectons dans l’atmosphère, par nos pensées, par nos paroles… ?

Quant à la correction fraternelle, c’est difficile, et nous en parlons rarement… elle rebute, même. Suis-je le gardien de mon frère ? Oui, nous sommes le gardien de notre frère, de notre sœur. Reste à trouver ce climat d’amour intérieur, cette terre pacifiée, qui nous permettront de trouver l’attitude et la parole justes. Exercice difficile, mais auquel il ne faut pas renoncer. Au fond, le plus grand réalisme pour un chrétien, c’est celui de l’espérance :

« Assumer l’espérance, ce sera éprouver la résurrection à l’œuvre dans toutes les réalités humaines, même les plus opaques, mêmes celle qu’en apparence nous subissons. […]

Partout où s’engage le dialogue pour donner naissance à un langage nouveau.

Partout où la peur est prise à bras le corps, désarmée comme on charme un serpent.

Partout où s’avalent les couleuvres et les paroles venimeuses sans que soit modifiées les raisons profondes qu’on a d’aimer quand même.

Partout où la maladie devient un lieu de rencontre, de partage, de sollicitude, lieu de purification, lieu d’un OUI à la santé de Dieu. »20

Éprouver la résurrection, cela peut être une belle invitation : la résurrection est-elle à l’œuvre dans ma vie ? Où est-ce que je la vois gagner du terrain en moi ? Frère Christian nous donne quelques éléments de réponse : partout où il y a du dialogue, donc, partout où nous pouvons mettre plus de dialogue, il y aura plus de communauté, il y aura plus de vie, plus de résurrection ; partout où la peur cède du terrain, où nous lui faisons face, nous la désarmons. Ce n’est plus elle qui prend le dessus, c’est nous qui l’étouffons, et là, la vie peut reprendre. Qu’est-ce qui nous gouverne ? Le contraire de la peur, ce n’est pas le courage, c’est la confiance… Campés sur le terrain de la confiance, nous pouvons alors résister sur un autre registre : celui de la parole.

Et partout où s’avalent les couleuvres, les paroles venimeuses – il y en a partout ! –, comment désarmons-nous cela ? Et bien : en aimant quand-même. C’est l’abbé Pierre qui avait cette formule récurrente : « Aimer quand-même… malgré tout ». Ne surtout pas déserter cette mission d’aimer quand-même. Cela nous tient en santé spirituelle et c’est un oui franc et massif à la santé de Dieu en nous, comme une espérance obstinée. Frère Christian développe beaucoup cet aspect de l’espérance dans ses diverses communications :

« En définitive, c’est ce plan de l’espérance qui va recouvrir tous les autres et on peut considérer la patience comme l’expression quotidienne, comme l’incarnation en quelque sorte de la “petite espérance”. Et plus celle-ci sera, plus il y faudra consacrer de patience ! Pas étonnant, dès lors, que la vie religieuse tout entière placée sur orbite d’espérance du Royaume à venir, soit le creuset par excellence des patiences les plus variées et raffinées. Paul VI l’affirmait entre les lignes lorsqu’il définissait la charité dans la vie communautaire (Evangelica Testificatio 39) comme une espérance active de ce que les autres peuvent devenir avec l’aide de notre soutien fraternel. “Le signe de sa vérité se trouve dans la simplicité heureuse avec laquelle tous s’efforcent de comprendre ce qui tient à cœur à chacun”. »21

Nous entrons ici dans le « noyau dur » de ce qu’est l’écoute mutuelle : essayer d’aller à la rencontre de ce qui tient à cœur à chacun. Nous sommes loin de « l’épiderme » ! Il faut creuser la parole de Dieu qu’est mon frère, ma sœur ; avoir ce désir profond de les rencontrer, et par-là, les aider aussi à se découvrir et à devenir toujours davantage frère, sœur. Nous avons une part active dans cette croissance, à titre de gardien. C’est là notre travail d’espérance sur nous – ne jamais désespérer d’être réellement frère, réellement sœur–, mais aussi sur l’autre : demeurer dans ce climat d’amour, d’espérance, de charité et sentir la communauté grandir en soi et autour de soi.

L’écoute des événements

Plus nous grandissons dans l’écoute de la Parole de Dieu qui nous transforme, plus elle nous aide à rencontrer et à voir l’autre comme une parole pour nous. Bien davantage : cette écoute se fait extensive, embrasse la totalité du réel et tout ce qui nous arrive. Ainsi, progressivement, ce sont aussi les événements qui deviennent une parole signifiante pour nous et notre chemin vers Dieu.

Écoutons de nouveau le pape François :

« Il faut sortir des 3-4 % qui représentent les plus proches, et aller plus loin pour écouter les autres, qui parfois vous insulteront, vous chasseront, mais il faut entendre ce qu’ils pensent, sans vouloir imposer nos choses : laisser l’Esprit nous parler. »22

C’est intéressant… Se tenir aux 3-4 % qui nous entourent et qui nous sont proches, c’est réellement se priver d’une grande partie du réel… L’idée soutenue par le pape, c’est donc d’aller rencontrer les 96 % qui nous manquent – les fameuses périphéries –, avec une vraie conscience que ces autres nous manquent profondément. Cela nous aide également à comprendre une dimension essentielle de l’Église : la catholicité.

« On ne peut pas comprendre la “catholicité” sans se référer à ce champ large et hospitalier, qui ne marque jamais les frontières. Être Église c’est une manière d’entrer dans cette ampleur de Dieu. »23

C’est une pensée très séduisante : être Église c’est « entrer dans l’ampleur de Dieu » ! Il faut de la souplesse, savoir s’étirer, s’élever et accueillir Dieu comme il est : plus grand que notre cœur. Une nouvelle citation va nous permettre de percevoir la manière dont la communauté de Tibhirine a vécu cela :

« Vous aurez sûrement noté qu’il [Mgr Teissier] a parlé du sens de notre présence, si elle pouvait traverser cette crise douloureuse “dans son environnement”. Cette mention de notre voisinage est justice : nous ne pouvons être signe d’un don s’ils ne sont pas là pour l’accueillir, le désirer. Mieux... nous ne pouvons prétendre leur donner Jésus, de quelque façon, sans recevoir d’eux Jésus, de quelque façon. Ceci aussi fait partie du conditionnement même de l’Incarnation. Il y a interdépendance mutuelle. Beaucoup n’ont pas reçu Jésus... mais à ceux qui l’ont reçu, il a donné de devenir ce qu’Il était lui-même, non pas seulement chrétiens, mais bien mieux que cela, enfants de Dieu. »24

« Entrer dans l’ampleur de Dieu », cela veut dire que nous ne sommes pas « chrétien », « musulman », « bouddhiste »… nous sommes ultimement, essentiellement, « enfants de Dieu ». Et là, il n’y a plus qu’un seul camp : celui des bien-aimés de Dieu. Nous revenons à cette perspective de l’écoute mutuelle. Nous devons pouvoir recevoir la vie de Dieu de tous ces autres, de ces 96 % qui nous attendent à l’extérieur de notre cercle de proximité.

Alors qu’est-ce que cela a donné de très concret dans l’histoire des moines de Tibhirine ? Chaque année, dans la lettre circulaire adressée aux parents, amis et proches de la communauté, nous pouvons recueillir quelques-unes des « audaces », fruit de cette écoute de l’environnement, qui les a amenés à vivre des choses parfois surprenantes.

« Et voici qu’au chapitre nous “prenons” un vote un peu révolutionnaire. Il s’agit d’offrir deux pièces d’un bâtiment à peu près inoccupé aux Petites Sœurs de Jésus qui cherchent un lieu propice et sûr pour une fraternité de repos et de prière où les Petites Sœurs de la Région, celles du Sahara notamment, pourront venir refaire leurs forces durant les grandes chaleurs. Notre enclos devient mixte, c’est sûr, mais sa vocation contemplative est ainsi multipliée par deux (au moins !). Le cardinal, consulté, a été catégorique : “C’est la meilleure solution... Évidemment, il y a cinq ans, je vous aurais dit... (?) Mais non ! Il y a cinq ans, vous n’auriez même pas songé à me soumettre une telle question !” Et c’est vrai, de toute évidence. »25

Nous sommes en 1977, en milieu musulman… une communauté contemplative d’hommes qui fait de la place à l’intérieur de la clôture, dans une aile d’un de leurs bâtiments, pour accueillir des Petites Sœurs de Jésus… Il y a un moment favorable, une écoute de l’Esprit qui fait que les choses sont mûres.

Deuxième exemple :

« Ce Ribât (“lien de la Paix”), voici bientôt dix ans qu’il poursuit sa course, unissant des chrétiens qui se veulent directement attentifs aux dimensions spirituelles de la vie des musulmans, et intégrant dans sa démarche et sa prière nos frères ‘Alawiyyines de Médéa. Au printemps, nous nous étions demandé : “Comment la vie spirituelle de l’autre m’interpelle dans la mienne ?” »26

Ce groupe, le Ribât, était à l’origine un groupe de chrétiens qui voulaient partager leur expérience du quotidien vécu avec les musulmans. Assez rapidement, ils ont été rejoints par des musulmans. Ils se réunissait deux fois par an, avec, pendant les six mois où ils n’étaient pas ensemble, une question à travailler personnellement en vue d’une mise en commun. Cette année-là, la question était la suivante : « Comment la vie spirituelle de l’autre m’interpelle dans la mienne ? » Ensuite, ils passaient deux jours ensemble à partager le fruit de leur expérience et de l’écoute profonde de leur quotidien. Belle fécondité dans l’Esprit !

Nouvelles concrétisations…

« … Nous avons offert une grande pièce (ex-salle d’attente du dit PMI) à nos voisins comme salle de prière, en attendant la construction d’une mosquée prévue pour le village. Ainsi, nos prières cohabitent depuis six mois dans le même enclos, et nous sommes nombreux à penser, de part et d’autre, qu’elles font aussi bon ménage dans le cœur de Dieu.

Nous avons également développé l’expérience d’association dans l’exploitation d’une partie du jardin “hors les murs”. Quatre jeunes pères de famille partagent avec nous travail et vente des produits maraîchers. »27

Là aussi, une originalité : l’accueil des voisins musulmans pour qu’ils viennent prier en attendant la construction de la mosquée du village. Voilà une solidarité dans la prière et le partage tout à fait remarquables. Solidarité dans le travail aussi, avec une égalité concrétisée dans un partenariat. C’est une voie originale quand nous pensons que d’ordinaire les communautés monastiques s’assurent plutôt les services de salariés…

Cette écoute de l’Esprit va encore venir bousculer les frères sur un autre registre :

« Que demande Berdine ? la présence au milieu d’eux d’un homme de prière (“moine”) pour les confirmer et les soutenir dans le désir de s’arracher définitivement à la spirale de la drogue, de l’alcool, de la dérive... et aussi pour les comprendre dans leurs chutes, leurs rechutes, leurs fringales, et leur soif secrète. Le père Jean de la Croix avait aidé au démarrage de cette communauté en 1972, comme abbé d’Aiguebelle. Il n’avait cessé d’y croire. C’est lui qu’on nous demandait, et à temps complet. Et nous, nous étions aussi responsables d’un appel d’Église qui se présente autrement. Et notre frère ne voulait partir que dans l’obéissance d’un envoi... Long discernement, aboutissant à un jumelage consenti ici et là, dans la foi, simplement peut-être parce que, ici et là, la prière et le travail sont les deux poumons irremplaçables de la fidélité à la Vie (ora et labora) ! »28

La Bergerie de Berdine est une communauté du Sud-Est de la France qui recueille ceux que plus personne ne veut accueillir : des drogués, des personnes prises dans l’alcool, des personnes en rupture… Cette communauté demandait donc qu’un des moines de Tibhirine les rejoigne à temps complet. Comment concilier cela avec la vocation monastique ? Une nouvelle fois, la créativité de l’Esprit les a amenés à imaginer la formule d’un jumelage, envoyant le moine sollicité pendant les deux mois d’été à Berdine avec, en réciprocité, des séjours de berdinois qui venaient aussi à Tibhirine passer un temps avec la communauté. La demande unilatérale s’est transformée en échange. C’est une parfaite illustration de tout ce que nous avons évoqué précédemment : on se risque à se mettre à l’écoute des besoins des autres et on invente…

Un tout dernier exemple est extrait de la lettre circulaire de 1992, adressée aux parents, amis et proches de la communauté. C’est le tout début de ce que l’on a appelé la « décennie noire », c’est-à-dire, le début des violences en Algérie qui à l’assassinat de dizaines de milliers d’algériens et des religieux béatifiés qui se sont refusés à quitter le pays.

« Dans une méditation récente, Mgr Teissier évoque Marie au pied de la croix : “Quand le peuple souffre, c’est déjà beaucoup d’être là, pour porter ensemble cette souffrance maintenant. Nous n’avons pas à attendre pour faire quelque chose, que les événements difficiles que nous vivons soient dépassés... C’est dans ce moment-là aussi que Jésus dépasse sa souffrance et le cri de la désespérance, par un petit geste d’affection filiale et d’amitié fraternelle : ‘Voici ta mère... voici ton fils !’. C’est le petit geste de la tendresse humaine. En apparence, il n’est pas au niveau du drame... pourtant il annonce et prépare l’avenir”. Dans un tel contexte, nous avons accepté de participer au Conseil presbytéral, et aussi d’accueillir et d’animer une retraite des prêtres du diocèse (évêque en tête). »29

Je termine à dessein avec cet exemple, et finalement cette question qui n’a pas cessé d’accompagner les frères de Tibhirine jusqu’à leur enlèvement : quelle tendresse humaine pouvons-nous offrir dans les circonstances présentes ? Cette question est tout à fait à notre portée. Elle ne cesse de nous interpeller. Pour qualifier notre présence chrétienne, le mot « tendresse » ne serait-il pas à prendre sur soi, avec soi, comme une recherche permanente ? Que peut-on injecter dans l’atmosphère actuellement, si ce n’est cette tendresse qui touche, qui va au cœur, sans beaucoup de mots, mais qui dit l’essentiel ?


Vers une écoute intégrale

Concluons… Qu’avons-nous lu, entendu, esquissé par l’entremise de la communauté de Tibhirine ?

Nous avons touché du doigt ce que peut être une lectio intégrale. Ces moines nous apprennent ce qu’est une écoute intégrale qui prend sa source dans cet accueil large, franc et obstiné de la Parole de Dieu. Un accueil résolu de la Parole qui augmente entre nous l’écoute mutuelle, et nous fait entrer dans une capacité élargie à écouter le tout de la vie, des événements, du contexte, et à ressaisir ainsi tout ce qui nous arrive à la lumière de cette présence de Dieu à chacun d’entre nous.

Cette écoute intégrale nous pousse à restituer la créativité de l’Esprit, ici et maintenant. C’est ce qu’on appelle le discernement. Le pape François, qui est jésuite, aurait tout de suite posé ce mot-là. En vous présentant le témoignage de cette communauté cistercienne-trappiste dont le cœur de la vie est la lectio divina, nous voyons bien l’invitation qui nous est faite de redécouvrir cette source dans nos communautés chrétiennes. C’est un patrimoine pour toute l’Église, et c’est cela qui nous aide à vivre ajustés aux enjeux de notre temps.

Par son impulsion et son invitation adressée à toute l’Église à entrer en synodalité, le pape François remet au centre de notre vie personnelle et ecclésiale cette écoute intégrale, ce mouvement profond pour entrer ensemble « dans l’ampleur de Dieu ». Mouvement extensif, d’ouverture, qui est le mouvement de la croix, mouvement du Christ qui, les bras ouverts, nous rappelle sans cesse à cet accueil franc, large, à offrir à toute personne, à inventer chaque aujourd’hui. La Parole veut encore et toujours produire du neuf en nous. Et c’est l’Esprit qui est à la manœuvre pour que nous restions des vivants… « jusqu’à mourir s’il le faut » (frère Christophe).

 

Notes :

1. Cette conférence a été prononcée dans le cadre des festivités du 150e anniversaire de la paroisse de Vevey (Suisse) le 5 mai 2022. Le texte a été adapté pour la publication, mais le style oral a été conservé.

Marie-Dominique Minassian est une théologienne suisse, professeur à l’université de Fribourg, spécialiste de l’héritage spirituel des moines de Tibhirine, membre de l’Association pour la protection des écrits des sept frères de Tibhirine.

2. Pape François, Discours au diocèse de Rome réuni en assemblée diocésaine, 18 septembre 2021.

3.  Pape François, Discours pour la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du synode des évêques, salle Paul VI, samedi 17 octobre 2015.

4. Pape François, Fratelli tutti, 48.

5. Frère Christian, homélie du 3e dimanche de carême, 14 mars 1982, L’autre que nous attendons, p. 57.

6. Frère Christian, Chapitre du mardi 2 juillet 1991, Dieu pour tout jour, p. 373.

7. Frère Christophe, note de lectio non datée sur Jn 8,31.

8. Frère Christian, Chapitre du samedi 23 novembre 1991, Dieu pour tout jour, p. 384-385.

9. Frère Christian, Chapitre du 6 mars 1986, Dieu pour tout jour, p. 106-107.

10. Frère Christian, Chapitre du jeudi 18 juillet 1991, Dieu pour tout jour, p. 376.

11. Frère mariste, proche de la communauté, et un des premiers religieux à avoir été tué, le 8 mai 1994, avec sœur Paul-Hélène.

12. Frère Christian, Chapitre du mardi 14 juin 1994, commentaire du CEC 1100, Dieu pour tout jour, p. 490-491.

13. Pape François, Discours au diocèse de Rome réuni en assemblée diocésaine, 18 septembre 2021.

14. Frère Christian, Chapitre du mardi 14 juin 1994, commentaire du CEC 1100, Dieu pour tout jour, p. 491.

15. Frère Christian, Chapitre du mercredi 23 juillet 1986, Dieu pour tout jour, p. 138-139.

16. Frère Christian, Chapitre du mardi 12 mars 1996, Dieu pour tout jour, p. 549.

17. Frère Christian, homélie du 21e dimanche du TO, 22 août 1982, L’autre que nous attendons, p. 74.

18. Id., p. 74.

19. Frère Christian, Chapitre du samedi 10 février 1990, Dieu pour tout jour, p. 315.

20. Frère Christian, homélie pour l’Ascension, Jeudi 20 mai 1982, L’autre que nous attendons, p. 67-68.

21. Frère Christian, Chapitre du Lundi 9 décembre 1985, Dieu pour tout jour, p. 80.

22. Pape François, Discours au diocèse de Rome réuni en assemblée diocésaine, 18 septembre 2021.

23. Pape François, Discours au diocèse de Rome réuni en assemblée diocésaine, 18 septembre 2021.

24. Chapitre de frère Christian du mardi 9 février 1995, « Notre communauté dans son environnement », Dieu pour tout jour, p. 516.

25. Christian de Chergé, Chronique de l’espérance 13 (Noël 1977), 13 décembre 19.77, Heureux ceux qui espèrent, p. 411.

26. Lettre circulaire de la communauté N.-D. de l’Atlas 1988, Heureux ceux qui espèrent, p. 706.

27. Lettre circulaire de la communauté N.-D. de l’Atlas 1988, Heureux ceux qui espèrent, p. 707-708.

28. Lettre circulaire de la communauté N.-D. de l’Atlas 1990, Heureux ceux qui espèrent, p. 719.

29. Lettre circulaire de la communauté N.-D. de l’Atlas 1992, Heureux ceux qui espèrent, p. 733.