Père Jacques Côté, osb,
ancien Secrétaire général de l’AIM, Saint-Benoît-du-Lac (Québec)

 

Père Patrick Regan

1938-2017

 

PReganLe Père Abbé Patrick Regan naquit le 18 janvier 1938 à la Nouvelle-Orléans dans l’état de la Louisiane aux États-Unis d’Amérique. Après ses études dans sa ville natale, il entra comme postulant dans le monastère bénédictin de Saint-Joseph situé dans le même État. Il y fit profession monastique le 21 août 1959 et reçut comme patron saint Patrick. C’est alors qu’il commença ses études pour devenir prêtre, au «  Notre Dame Seminary  » et à la «  Loyola University  » de la Nouvelle-Orléans, ainsi qu’à la « St. John University » dirigée par les moines de Collegeville dans le Minnesota. Il est ordonné prêtre le 3 juin 1965.

Après son ordination, il obtint un diplôme en 1971 de l’Institut Supérieur de Liturgie, de l’Institut Catholique de Paris. C’est sans doute là qu’il acquit et développa son amour pour la liturgie et sa connaissance de la culture française qu’il conservera et approfondira toute sa vie.

De retour aux États-Unis, le père Patrick enseigna dans le séminaire de son propre monastère, enseignement qu’il devait poursuivre jusqu’en 2001, ainsi qu’au «  Notre Dame Seminary  » et à la «  St. John’s University  ». Il fut également appelé à la direction spirituelle des jeunes.

Élu quatrième abbé de son monastère le 2 juin 1982, il présida à la célébration du centenaire de sa fondation et à la rénovation de son église qui culmina par sa dédicace en 1996. Il devint président de la congrégation bénédictine helveto-américaine à laquelle appartient son abbaye en 1978 et le demeura jusqu’en 1999.

Tous les quatre ans, les abbés et prieurs conventuels bénédictins du monde entier se réunissent à Rome en un Congrès sous la présidence de l’Abbé Primat de la Confédération pour se connaître, échanger sur les problèmes de l’heure et approfondir un thème de spiritualité. L’abbé Patrick fut très fidèle à y prendre part, également lorsqu’il devint Abbé Président de sa Congrégation. En tant que président, il participa également aux synodes des présidents qui ont lieu annuellement dans différentes parties du monde. Le père Patrick apporta toujours son soutien et son enthousiasme à ses confrères, de façon particulière lors des discussions sur l’Athénée Sant’Anselmo de Rome dirigé par les bénédictins.

PReganconseilSa démission de sa charge d’abbé le 11 août 2001 devait apporter des changements dans sa vie. Les autorités de l’Athénée Sant’Anselmo l’ayant apprise, elles le sollicitèrent sans tarder comme professeur à l’Institut pontificale de liturgie qui fait partie de cet Athénée. La réponse positive du père Patrick se fit par «  retour de courriel  » comme je l’ai entendu dire à l’époque. Il devait contribuer ainsi à l’enseignement liturgique jusqu’à ce qu’il dut se retirer pour raison d’âge.

La reprise de l’enseignement, à Rome cette fois, ne se fit pas sans effort. Les cours étant donnés en italien, il suivit d’abord lui-même un cours en cette langue et s’appliqua à écrire l’enseignement qu’il devait donner. Surtout, son affabilité et sa disponibilité firent qu’il eut un impact bienfaisant sur les élèves de toutes nations qui fréquentent notre faculté de liturgie de Sant’Anselmo.

Pour ce qui nous intéresse davantage ici, nous devons signaler qu’il fut membre du Conseil de l’AIM à compter de 1986 et qu’il le reçut avec son amabilité coutumière dans sa propre abbaye de Saint-Joseph pour sa session de 1999 ; il restera membre de ce Conseil jusqu’en 2005. Il servit également l’AIM comme membre du Comité exécutif.

En 1985, à la demande du Secrétaire général de l’AIM-International, le père Patrick fut chargé d’organiser un Bureau national pour l’AIM-USA. Il en resta président jusqu’en 2001.

PRegangroupeconseilLe Père Patrick aimait marcher, seul. Rome, avec ses monuments et son histoire, le fascina. Il «  arpenta  » la ville en long et en large. De même, à l’occasion de voyages, il savait joindre l’agréable à l’utile. Les excursions l’attiraient pour les connaissances additionnelles qu’elles lui procuraient. Je conserve toujours un magnifique souvenir d’un riche séjour que nous fîmes ensemble à l’abbaye cistercienne de Lérins (France) durant les Jours saints et les premiers jours de la semaine de Pâques de l’an 2005. Cette fois, c’était pour vivre une profonde expérience spirituelle à l’occasion de la célébration du Mystère pascal, mystère qu’il plaça toujours au centre de son enseignement et de sa vie.