Nouvelles du Congo Kinshassa

S. AnnaChiara Meli, ocso, monastère N.-D. de Mvanda, RDC

 

Au service de l’Église et du monde

Si les séminaires et les noviciats des congrégations de vie apostolique ont la réputation d’être bien remplis en Afrique centrale, il n’en va pas tout à fait de même pour la vie contemplative.

Plusieurs facteurs expliquent cela et notamment la dimension du silence, de la solitude, la séparation de la famille et la clôture.

Mais regardons avant tout la beauté de cette vie telle qu’elle est épousée par celles et ceux qui osent s’y engager.

MvandaTout d’abord, on doit relever le fait que, sans rien enlever à la « gravitas » bénédictine, nos frères et sœurs africains y apportent une touche de joie qui dynamise la vie fraternelle.

On peut en dire autant pour le souci des pauvres qu’ils gardent vif au cœur de la communauté.

Je suis frappé par la bonne volonté des jeunes qui se présentent pour découvrir notre vie. Bien encadrées, elles sont capables d’entrer avec ferveur et sérieux dans notre genre de vie. Elles ont cependant un très grand besoin de formation, tant humaine que spirituelle. À ce propos, et grâce au soutien de l’AIM, nous organisons depuis plusieurs années déjà des sessions de formation théologique et spirituelle qui rencontrent un succès grandissant. Sans surprise, ce sont les cours liés à l’Écriture sainte et à l’Anthropologie qui sont suivis avec le plus d’assiduité, tant est grand le désir de mieux se connaître, à la lumière de Dieu.

On raconte parfois, pour expliquer les richesses du sol et du sous-sol congolais que, « durant la création, Dieu s’est reposé ici et a répandu les trésors qu’il lui restait sur le sol de l’Afrique centrale ». Je crois en tout cas qu’ils sont bien présents, ces trésors, dans le cœur de nos frères et sœurs.

Il nous revient aujourd’hui, avec les outils de l’Évangile et de la patience aimante, de coopérer à l’éclosion et l’épanouissement d’une vie monastique qui, sans rien perdre de son authenticité, recevra de l’Afrique une coloration particulièrement joyeuse et généreuse. Pour cela, il ne s’agit pas de négocier les exigences d’un monachisme véritable, mais plutôt de le dépoussiérer de ses aspects secondaires qui ont parfois pris une place beaucoup trop importante dans nos monastères.

Une joie à partager ce sont les deux professions solennelles dans le monastère de l’Emmanuel à Kasanza, F. Cyrille et F. Noël, célébrées pour la fête de la très Sainte Trinité. La communauté a un visage jeune et continue le travail d’enracinement commencé il y a un peu plus de 50 ans.