L’année 2012 aura été l’occasion d’une réflexion approfondie sur le devenir de l’AIM.
Le Comité exécutif, le Conseil et le congrès des Abbés ont pris le temps d’approfondir cette question au moment où l’AIM vit une étape avec la nomination d’un nouveau Président.
Le texte qui suit rend compte de cette perspective d’avenir.

 

Déclaration du Comité exécutif 2012

Lors de la réunion du Conseil réuni à Ligugé en novembre 2011, il fut demandé au Comité exécutif de préparer une réflexion plus approfondie sur les buts et les structures de l’AIM en vue de la prochaine réunion du Conseil, à Palazzola en septembre 2012, et du Congresso osb de la même année.

Comite1Le Comité exécutif considère que tout ce qui a été proposé à Ligugé peut être mis en pratique sans modification des « Buts et objectifs de l’AIM », votés lors de la réunion de 2002 à En Calcat et approuvés par le Congresso en 2004.

Nous désirons souligner le fait que l’AIM n’a jamais eu la mission de se substituer aux autres organismes des ordres monastiques ayant des responsabilités à l’égard des monastères d’Afrique, d’Asie et d’Asie/Océanie. Elle travaille en collaboration avec tous ces organismes, dans la mesure où ceux-ci le désirent. Elle travaille aussi en collaboration avec les nombreuses associations monastiques qui se sont créées dans toutes les parties du monde au cours des cinquante dernières années et qui ont pris la relève de l’AIM dans beaucoup de domaines, surtout celui de la formation (CIMBRA, ABECCA-EMLA, SURCO, ISBF, BEAO, BECOSA, BUT, BECAN).

Nous considérons que seconder le travail de ces groupes et au besoin encourager leur naissance et leur développement est grandement préférable à la constitution d’AIM locales ou régionales évoquées ces dernières années.

Il nous semble aussi important de distinguer les buts de l’AIM, qui demeurent inchangés, des modalités de fonctionnement des diverses structures mises sur pied au cours des années pour la réalisation de ces buts : a) Le Président ainsi que le Secrétariat général de Vanves ; b) l’Équipe internationale ; c) le Conseil ; d) le Comité exécutif.

SGHappa) Concernant le Président, la Secrétaire générale et les autres membres éventuels du secrétariat de Vanves, nous ne voyons pas de changement à apporter à leur rôle. Il faudrait cependant sensibiliser davantage les Supérieurs des ordres concernés à la nécessité de fournir du personnel pour ces fonctions. Ce Secrétariat aurait besoin d’être renforcé.

b) Le rôle de l’Équipe internationale est extrêmement important. Ce sont ses membres qui acquièrent à travers leur travail auprès des communautés une bonne connaissance des monastères et de leurs besoins. Ils peuvent faire appel aussi à des personnes ressources actives dans des régions et sous-régions déterminées, sans que ces personnes aient à participer nécessairement aux réunions à Vanves.

c) Maintenant que l’examen des requêtes faites à l’AIM a été confié depuis 2004 au Comité exécutif, le Conseil n’a pas à y consacrer beaucoup de temps.

d) Nous croyons que le Conseil, après avoir entendu le rapport annuel du travail accompli par le secrétariat de Vanves et l’Équipe internationale, et après avoir approuvé le bilan de l’année écoulée, doit consacrer l’essentiel de son temps à une réflexion sur la situation et l’évolution de la vie monastique dans les parties du monde dont s’occupe l’AIM. Nous considérons également qu’il doit répondre à l’un des buts donnés à l’AIM en 2004 : réfléchir, à partir d’une expérience monastique très riche et diversifiée sur les situations monastiques de l’ensemble du monde et apporter éventuellement une contribution monastique à de grandes questions auxquelles sont confrontés l’Église et le monde.

AVeilleuxe) Dans ce but, tout en respectant ce qui est prévu dans la lex propria, le nombre des membres du Conseil ne devrait pas être trop élevé. L’important est d’avoir des personnes pouvant apporter une expérience de l’ensemble du monde monastique plutôt que d’avoir une représentation numérique de toutes les régions. Rien n’empêche de faire venir des personnes ressources de telle ou telle partie du monde monastique lorsqu’on discute d’une question concernant leur région ou relevant de leur compétence particulière.

f) Une question qui pourrait être posée serait celle de l’opportunité d’étendre le travail de l’AIM à l’Europe de l’Est.

Il nous semble que, sans modification de ses statuts, déjà révisés en 2002 et approuvés en 2004, il nous est possible de réaliser ces objectifs que nous soumettons à la réflexion du Conseil. Nous pourrons ainsi continuer de servir les communautés monastiques qui ne cessent de naître et de se développer, tout particulièrement dans les jeunes Églises.

 

Conseil de l’AIM et congrès des Abbés bénédictins 2012

ConseilLe dernier Conseil de l’AIM à Rome en septembre 2012 a revêtu une grande importance, d’autant plus qu’il a été suivi par le congrès des Abbés bénédictins à Rome. Celui-ci avait mis à son programme un atelier sur l’avenir de l’AIM. Voici quelques conclusions tirées de ces deux moments de réflexions.

De l’atelier des Abbés bénédictins au Congresso, il ressort plusieurs points :

– L’AIM doit se préoccuper de continuer à trouver des fonds dans un contexte économique en pleine évolution. Mais elle doit aussi se préoccuper de l’échange de richesses à divers niveaux entre les monastères. Il faudra renouveler l’intérêt que peuvent porter les monastères d’Europe à cette perspective.

– L’AIM doit être en mesure de relire les situations des monastères au regard des évolutions du monde et proposer des relectures larges qui permettent d’aller plus loin que le regard immédiat.

– Bien sûr l’aide à la formation doit rester la priorité de l’AIM : depuis la formation de base jusqu’à la formation au leadership en passant par des formations professionnelles y compris sous l’angle des travaux matériels ; sans oublier la formation permanente. Pour autant les constructions ou les aides matérielles peuvent aider à mieux vivre cet aspect essentiel de la formation. On ne peut totalement les ignorer. De même certains de nos partenaires financiers viennent surtout en aide aux monastères qui sont soucieux de développement pour les populations alentour, c’est aussi un élément dont on doit tenir compte.

– Il faudra être attentif à ne pas doubler les aides pour des projets qui sont déjà largement subventionnés par d’autres organismes.

En tout cela l’AIM est à la fois un lieu d’observation, un lieu de proposition et un lien de solidarité entre les peuples avec un souci particulier pour les communautés monastiques les plus pauvres.

Voici maintenant de ce qu’il ressort des demandes formulées par le dernier Conseil. Certaines ont pu déjà être prises en compte :

Renforcement du Secrétariat de l’AIM

Une secrétaire supplémentaire a été recrutée en février 2013 pour prendre en charge la tenue du site, le suivi du Bulletin et l’élaboration de documents divers. Cette personne est ermite et intervient en télé-travail. Elle fait plusieurs séjours par an à Vanves pour faciliter le travail commun avec l’ensemble du Secrétariat. Par ailleurs, depuis le mois de septembre 2013, le Président loge sur place à Vanves et apporte son concours aux travaux du Secrétariat. Le Secrétariat ne souhaite pas une troisième personne à temps complet ou partiel sur place. Un point sera fait au bout d’une année de la nouvelle présidence.

Collaboration entre l’Equipe internationale et le Conseil

EquipeintUn compte rendu de chaque réunion de l’Équipe internationale a été réalisé depuis l’année dernière.

Le Conseil est l’organe qui propose une vision d’ensemble et l’Équipe internationale est l’instance missionnée pour relayer cette perspective en relation avec les communautés visitées. Il est donc important que l’Équipe internationale soit bien informée des débats et conclusions du Conseil.

Par ailleurs, le Comité exécutif propose de tenir ses réunions deux fois par an en se joignant à la réunion de l’Équipe internationale tout en se réservant des séances propres si nécessaire.

L’Équipe internationale est bien représentée au Conseil par le Président et la Secrétaire générale à titre officiel mais aussi par le père Mark Butlin qui assiste aux réunions du Conseil et par les membres du Comité exécutif s’ils participent effectivement à quelques réunions de cette Équipe.

Dans les mois qui se sont écoulés, l’Équipe internationale s’est penchée sur les deux thèmes proposés au Conseil de novembre 2013 : « Structures paralysantes et fragilités des communautés » et « Le nouvel équilibre de l’économie mondiale et ses conséquences sur la vie des communautés monastiques ».

Les communautés visitées par l’Équipe internationale sont nombreuses. On ne peut les énumérer ici : les comptes-rendus des réunions de l’Équipe sont à la disposition des membres du Conseil.

Nous avons bien noté un certain nombre d’autres remarques faites par le Conseil de septembre 2012 : les membres du Conseil veilleront à faire remonter les nouvelles des ordres et congrégations. C’est pourquoi de nombreuses prises de parole ont été prévues en ce sens durant la réunion du Conseil. On veillera par ailleurs à ce que pour les comptes-rendus du Conseil une rotation soit proposée.

Nouveaux membres du Conseil de l’AIM venant de l’hémisphère Sud

Le prieur Peter Egwrugjakpor de Ewu-Ishan, Nigeria (congrégation de l’Annonciation), et la prieure Metilda George de Tiruvannamalai, Inde (congrégation de la Grâce et de la Compassion), ont été proposés et acceptés comme nouveaux membres du Conseil. Il sera bon de mettre à profit leur présence en Europe pour qu’ils puissent intervenir dans quelques monastères afin de sensibiliser les communautés à la vitalité monastique en d’autres régions du monde et à l’intérêt de soutenir l’AIM. Dans la mesure du possible, ils pourront faire coïncider leur venue en Europe avec les besoins de leur Congrégation. L’internationalité du Conseil peut aussi se vivre sous la forme de réunions  (Conseil, Équipe internationale, Bulletin) durant lesquels des membres très éloignés pourraient être présents par Skype.

Fondation / refondation

L’objectif de l’AIM est d’aider les fondations/implantations monastiques principalement dans les pays du Sud mais aussi en Europe de l’Est, cela doit rester l’objectif fondamental.

Concernant l’aide à l’Europe de l’Est, le Conseil de 2011 à Saint-Ottilien en a déjà voté le principe. Il n’y a pas lieu actuellement de le remettre en cause. Bien sûr dans la réponse aux requêtes adressées par les monastères, l’AIM doit discerner si effectivement les communautés concernées ont réellement besoin d’aide ou si finalement certaines ne seraient pas même en mesure d’aider les autres financièrement.

Les autres points du Conseil ont bien été pris en compte par le Comité et l’Équipe internationale. Pour rappel les voici :

– Travailler autour de thèmes en relation directe avec le travail de l’AIM.
– Veiller à ce que les groupes monastiques par continent, par régions ou par pays touchent le plus grand nombre de communautés.

Désormais, la réunion du Conseil se tiendra sur deux jours pleins et non plus sur une journée et demie.

bureauxCertains autres sujets ont été examinés durant ce Conseil 2012 :

– Comment traiter avec les fondations qui ne se développent pas/n’arrivent pas à maturation (responsabilité des Ordres et des congrégations ; l’AIM pourrait pointer les problèmes).
– Tenir un compte exact des fondations qui ferment.
– Favoriser l’initiative et l’autonomie chez les membres des communautés. Ne pas simplement attendre passivement que d’autres (éventuellement) de l’extérieur interviennent.
– Changer la mentalité chez les jeunes assumant une responsabilité, à partir de l’expérience éclairée par une bonne formation.
– Permettre aux personnes de trouver leur identité propre, et ne pas pratiquer un clonage du monastère fondateur.
– Faire prendre conscience clairement des devoirs qu’implique réellement l’exercice d’une responsabilité. Il y a un lien à approfondir entre responsabilité et transparence.
– Comment se comporter avec les nouvelles fondations en évitant le trop et le trop peu.– Comment faire face aux communautés plus fragiles.– Les crises économiques, politiques et sociales affectant nos communautés.
– S’adapter aux nouvelles situations.

Comme on le voit, l’AIM, après cinquante années d’existence, est vraiment appelée à se surpasser. Au sein de cet organisme d’Alliance, chacun est invité à répondre à l’appel de l’Esprit pour aller vaillamment sur la route de l’Évangile dans le dynamisme de la foi.