INTRODUCTION
 
         “ Je suis venu apporter un feu sur la terre
            et comme je voudrais qu’il soit allumé ! ” Lc 10,40
 
Comment dire toute ma reconnaissance à Sr. Aquinata pour son analyse pleine de lumière ! Elle nous introduit d’emblée dans le dynamisme de ce chapitre-testament de notre Père St. Benoît où il n’est question que de vie … Une vie à accueillir, à rayonner et à transmettre… comme une flamme… afin qu’elle perdure !
 
Des générations de moines et de moniales se sont donnés à cette mission dans la générosité d’un amour passionné pour Dieu seul. C’est grâce à eux que nous poursuivons aujourd’hui ce “ chemin de vie ” (RB Prol 20). Depuis l’Europe jusqu’aux Amériques, de l’immense Asie à l’Océanie et jusqu’au cœur des tropiques, des savanes et des forêts de la vaste Afrique, la Règle de St Benoît a entraîné à la suite de l’Evangile de Jésus Christ, des hommes et des femmes en quête de la “ vie véritable et éternelle ” (RB Prol 17). Pour mes sœurs de Koubri et pour moi-même, cette Règle est venue comme une bonne nouvelle. Et ce chapitre 72 qui en est à la fois le cœur et le sommet, nous a été offert comme un sentier pour les “ simples commençants ” que nous sommes (cf. RB 73,8). Il nous est ouvert pour que nous nous y engagions par l’accueil libre d’une rencontre du Seigneur Christ : rencontre à vivre au quotidien.
 
La présentation du texte, si judicieusement mis en couleur par Sr. Aquinata, laisse pressentir un grand mouvement, comme un souffle puissant, qui anime et soutient tout à la fois. Sa mise en pratique traduit  une quête, une soif de bonheur. Il s’agit pour le disciple de St Benoît de se laisser toucher du dedans comme par un feu. Alors, jour après jour, son cœur régulièrement brûlé se dilatera de plus en plus à la chaleur de cet amour qu’aucun mot ne peut traduire (Prol 49)… Le feu que Jésus est venu apporter sur notre terre et qu’il lui tardait de voir prendre ! …
 
Mon intention est de partager avec vous, selon ce qui m’a été demandé, des expériences vécues dans la pratique de ce bon feu. Et cela dans un contexte et un espace culturel déterminés : ceux de communautés relativement jeunes, issues de troncs de longue et vénérable tradition. Leur implantation en des terres nouvelles a révélé que celles-ci avaient été mystérieusement préparées à les porter. Il sera donc utile de jeter un regard, fut-il très rapide sur nos racines : on y trouvera des illustrations de Bon Zèle. Puis nous pénétrerons dans ces monastères d’aujourd’hui fondés sur ces racines : l’héritage d’hier, qu’il soit monastique ou culturel, est mis à l’épreuve, affronté aux courants les plus divers et le défi à relever est  grand. C’est cette partie qui nous retiendra davantage,  avant que nous nous demandions quelle pratique pourrait alors être entrevue pour demain ? Un demain qui, comme déjà notre aujourd’hui, ne peut se penser qu’en tenant compte de la société très plurielle et de ses préoccupations nouvelles.
 
 
Tel sera donc mon plan :
   I - Hier, le bon zèle qui a animé nos fondatrices.
  II – Aujourd’hui, la pratique du bon zèle dans nos monastères.
 III – Demain, comme hier et aujourd’hui, “ ne rien préférer à l’amour du Christ ”.
 
 
I – Hier, le bon zèle qui a animé  nos fondatrices.
 
            L’histoire d’une fondation monastique, quels qu’en soient le lieu, l’époque ou les circonstances de conception et de naissance, n’est-elle pas à la racine une histoire d’amour et de passion ? Partir, sortir de soi et “ sortir de son pays, de sa parenté, ”(Gen 12,1) pour partager la vie que l’on porte, allumer un foyer de plus pour le Seigneur, aimé par-dessus tout…N’est-ce pas l’amour du Christ qui saisit et pousse (cf.  2 Cor 5,14) ? N’est-ce pas cette ferveur de charité qui brûle et consume le cœur ?
 
            Les années d’implantation, pour tous nos monastères d’Afrique de l’Ouest francophone, sont des années héroïques marquées par le sacrifice, voire la souffrance. Sur le plan socio-politique, c’était la montée des indépendances dans nos pays ; sur le plan socio-économique, c’était les tâtonnements en quête d’un équilibre difficile à trouver. Aujourd’hui encore, au Congo Démocratique, au Nord Togo ou en Guinée Conakry, les jeunes fondations sont affrontées à la même lutte : le contexte est peut-être différent, les défis à relever sont les mêmes.
 
            L’Abbaye de Valognes, à qui notre monastère de Koubri (au Burkina Faso) doit son existence, a été elle-même fondée au début du 17ème siècle pour être un lieu d’intercession et de supplication en faveur d’une famille.. 
 
Plusieurs fois victime de la Révolution française et des revers et vicissitudes de l’histoire, la communauté n’a jamais été anéantie. Les moniales chassées de leur maison ont toujours su trouver les voies secrètes pour chanter l’Office divin par petits groupes informels dans la clandestinité, ou réunies dans des refuges de fortune, et dans le plus grand dénuement. La souffrance a atteint son paroxysme à la fin de la deuxième guerre mondiale quand l’Abbaye a vu une grande partie de ses bâtiments s’écrouler sous les bombardements qui ont précédé la libération. Valognes se situe à la pointe de la Normandie ouverte sur l’Atlantique. Exténué, mais convaincu qu’il fallait survivre, le vieux couvent trouve encore assez de force, celle que prodigue l’humilité de l’amour, pour aller demander de l’aide à la toute florissante Abbaye de Dourgne, pétillante de vie, tout au sud de la France. La vénérée fondatrice, Marie Cronier, était morte depuis seulement une vingtaine d’années ; la ferveur des commencements était contagieuse… La générosité de ces cœurs ardents ne se fit donc pas prier… “ Nul ne recherchera ce qu’il juge utile pour soi, mais bien plutôt ce qui l’est pour autrui ” (RB 72,7). Un groupe de sept moniales partit pour soutenir le monastère normand. L’une d’elles fut élue et bénie abbesse peu de temps après, et deux autres figurèrent au nombre des fondatrices de Koubri, une dizaine d’années plus tard. Au moment de renoncer à sa charge, la Supérieure de Valognes qui comptait alors 42 moniales avait offert son sacrifice au Seigneur en lui demandant  en contrepartie “ 42 petites Noires ”… L’idée d’un quelconque essaimage ne pouvait effleurer aucun esprit en cette période de disette… Mère Anne-Marie pouvait-elle imaginer que le Seigneur la prendrait presque au mot ? Elle avait seulement choisi de ne rien préférer à la vie. Cet amour passionné dévorait son cœur et l’enflammait du désir de donner la vie au moment où elle avait elle-même besoin d’en recevoir. “ Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meure… ”(Jn 12, 24).
 
Et voici, quelques années plus tard, l’appel vibrant de Vatican II, exhortant moines et moniales d’Europe à partager au-delà de leurs frontières en faveur des jeunes chrétientés d’Afrique.
 
Pour une communauté, décider d’en fonder une autre, c’est consentir à mourir un peu. Autant les membres qui sont envoyés, que ceux qui restent, sont appelés à un même sacrifice d’offrande pour un engendrement. Les sœurs qui restent offrent leur adhésion à la volonté de Dieu, dans l’effacement, dans le silence et la prière de chaque jour ; leur endurance est nécessaire pour celles qui partent. Celles-ci offrent leur renoncement à la sécurité et à la chaleur stable de leur monastère de profession. Les unes comme les autres renouvellent leur OUI au Seigneur, premier servi.
          
Quelle ferveur de charité n’a-t-il pas fallu à la communauté de Valognes pour faire confiance et répondre à l’appel de cet évêque africain ! Mgr Paul Zoungrana était un apôtre lui aussi brûlé de l’intérieur par un zèle jaloux pour le Seigneur ! Il était convaincu que la présence des filles de St Benoît donnerait l’enracinement solide dont cette Eglise avait besoin, en ce pays de mission qui s’appelait alors la Haute-Volta.
          
Et quel courage n’a-t-il pas fallu à ces cinq moniales choisies pour partir, sans savoir ce qu’elles allaient trouver… Elles sont parties, faisant le sacrifice d’une communauté aimée, nombreuse, forte et unie. Aujourd’hui, à 77 ans, l’une d’elles se rappelle ce qui avait été l’étoile de sa vocation : “ Mon enfance a été vécue au grand air des vastes solitudes de l’Argentine et au sein d’un milieu familial d’une douce chaleur. Ce cadre naturel d’une beauté merveilleuse m’avait fait pressentir très tôt la grandeur sublime de Celui qui en était l’auteur. Comprenant déjà l’infinie gratuité de ses dons, je me disais que je ne pouvais rien lui refuser. Au contraire, cela valait la peine de tout quitter, pour le  suivre toute ma vie ”. Elle ne savait pas que cette décision l’amènerait à renoncer non seulement à sa splendide Argentine natale, mais aussi plus tard à la France de ses racines familiales. Et ce deuxième arrachement comportait aussi le double sacrifice de sa communauté de profession (Dourgne) et de celle où, dans l’obéissance, elle avait transféré sa stabilité (Valognes).
 
            Avec  les quatre autres moniales désignées pour la fondation, dont sa jeune sœur cadette, entrée elle aussi à Dourgne, puis envoyée à Valognes, elles sont parties, “ pressées par l’amour du Christ ” auquel elles ne voulaient rien préférer. Dans la foi, avec la force que donne l’obéissance, elles ont cherché à transmettre à leur tour cette flamme de la vie monastique qu’elles avaient reçue des générations précédentes, et qui allait se répandre sous d’autres cieux et pour d’autres générations. Avec ténacité, elles ont bravé les épreuves du climat, de l’austérité de la nature et de la pauvreté environnante. Elles n’ont pas craint d’approcher une culture différente, parce qu’elles se sont mises à aimer cette terre qui allait devenir la leur. On les avait pourtant  mises en garde : “ Vous ne pourrez jamais rien tirer de ce peuple, en ce pays enclavé et aride, tout aux limites du Sahel de l’Ouest africain ”.
 
Dans la foi elles ont semé. Et voilà que les premières vocations ne tardent pas à se présenter. Une attente semblait être là et une secrète préparation avait été réalisée quelque part. Peut-être la dureté des conditions de vie avait-elle favorisé un tempérament apte à recevoir les exigences de la vie monastique !…
 
Quelles attentes ?
 
Pour l’Eglise de ce pays accueillir ces “ femmes de Dieu ” était une bénédiction. Sans sortir de leur cloître, elles avaient comblé comme naturellement une place jusque-là restée vide. Le besoin s’était fait sentir d’adjoindre au travail de l‘expansion de la Bonne Nouvelle du salut, une vie de prière, dans le renoncement et la charité.
 
 
*L’âme africaine en général est particulièrement sensible aux valeurs que sont la  vie et la relation avec Dieu dans la prière. Sensible également  aux forces de la famille traditionnelle que sont la solidarité et le respect d’autrui, dans l’ouverture et l’accueil. Aux yeux des hommes et des femmes vivant dans ces contrées de l’Afrique de l’Ouest, une vie en communauté promouvant ces valeurs, dit la primauté de Dieu, en même temps qu’elle souligne la précarité des réalités et des biens de ce monde.
 
*Dans les villages proches de Koubri qui accueillaient avec enthousiasme cette nouvelle forme  de vie religieuse, vivre en harmonie avec Dieu et avec le groupe familial ou la communauté villageoise est ressenti comme un besoin vital. C’est ainsi que l’exprimait un voisin venu à la porterie du monastère. L’écoute de l’autre, tout particulièrement de l’ancien et de l’aîné est une sagesse inculquée dans l’éducation traditionnelle. Le respect commence par cette écoute avant de s’exprimer dans le langage et le comportement. Il a pour sœur jumelle la soumission,  par crainte du groupe et par crainte de Dieu. La patience est, avec la maîtrise de soi le propre de celui qui  respecte son semblable et qui sait créer avec le temps, l’espace pour une naissance du bien, au fond du cœur de l’autre.
 
*Pour fonctionner normalement, un groupe a besoin en son corps, d’une personne de référence. Elle ne sera  pas nécessairement la plus qualifiée, mais celle qui, à la manière d’un guide, en assure la cohésion et maintient en éveil le sens du  patrimoine commun, aussi  bien matériel que moral ou spirituel. J’ai été très heureuse de retrouver au Kenya, à Nairobi, le sens de l’harmonie du groupe familial et la nécessité de la réconciliation dans la société traditionnelle africaine. Lors d’une soirée de détente,  les jeunes sœurs de la communauté si attachante de Karen qui abritait la rencontre de la CIB avaient représenté successivement deux scènes : la première, de sanction pour insoumission et atteinte grave à l’intégrité morale du groupe, la seconde, de gestion de conflits et réconciliation inter-claniques dans un village. Il n’est  pas téméraire d’affirmer que le fonds culturel traditionnel présent au Burkina et ailleurs en Afrique de l’Ouest, se retrouve à travers plusieurs zones culturelles du continent. De nos jours le système traditionnel  est battu en brèche ou mis à mal par le choc des cultures ou de la mondialisation : il demeure cependant que les conseils de Benoît trouvent un écho plus que favorable dans les cœurs et les mentalités des Africain(e)s qui frappent à la porte des monastères en quête d’une vie pour Dieu en communauté fraternelle.
 
Entrons donc à présent dans quelques-uns de nos monastères d’Afrique de l’Ouest. Je voudrais signaler que ce qui a été dit de l’histoire de la fondation de Koubri peut être transposé, à quelques détails près, à presque toutes les fondations plus ou moins récentes.
 
 
II – Aujourd’hui le bon zèle vécu dans nos monastères d’Afrique de l’Ouest
 
Cette partie veut être avant tout un partage d’expériences et de témoignages : expériences vécues susceptibles de traduire la pratique du bon zèle dans les monastères d’Afrique de l’Ouest dans leur ensemble et dans mon monastère Notre Dame de Koubri en particulier.
 
          
            Des premières générations d’Africaines
 
Il y a déjà plusieurs années de cela, une novice avait écrit à sa mère maîtresse : “ Je veux vivre sincèrement, amoureusement, la vie monastique telle qu’on nous l’enseigne. Et je veux prier beaucoup le Saint-Esprit, c’est Lui qui construit et dirige toute vie ”.
 
 
On lui avait dit - et elle avait reconnu – que la Règle de St Benoît se trouvait, sur plusieurs points, en consonance avec la sagesse traditionnelle de chez nous. Mais elle avait vite compris que l’héritage culturel dont on peut légitimement se réjouir s’épuise cependant sans la force de l’Esprit Saint.. Lui seul purifie et achève, lui seul ouvre au  commandement nouveau de l’Evangile : “ Nul ne recherchera ce qu’il juge utile pour soi, mais bien ce qui l’est pour autrui ” (RB 72,7). Seul l’Esprit de Jésus peut inspirer et “ accomplir ” cet amour de charité qui va plus loin et fait plus que maintenir l’équilibre humain d’un groupe ou assurer la solidarité entre les membres d’une famille. Ce que crée ou permet l’affection naturelle “ entre frères et sœurs d’une même famille ” (RB 72,8) est déjà grand et beau. On peut être témoin d’un esprit de désintéressement et de gestes de magnanimité dans la société traditionnelle. Mais les mœurs du Royaume que nous enseigne St Benoît demandent d’aller encore bien au-delà. L’ardeur de charité répandue dans le cœur par l’Esprit-Saint peut seule pousser à se donner soi-même et jusqu’à en mourir, pour aider et faire grandir l’autre. C’est celle-là même qui doit brûler le cœur de tout baptisé. Or la communauté bénédictine, en fait la raison de son existence, sa mission spécifique et la preuve de son attachement préférentiel au Christ. C’est le Christ qui nous aide à aimer en communauté. En lui Dieu est notre Père, les autres deviennent nos sœurs. Dieu et la Règle sont un bien commun qui nous permet de vivre en sœurs, même venant  d’ethnies et de pays différents.
 
            Les premières générations d’Africaines ont eu le mérite d’avoir commencé à s’engager sur le sentier qu’ouvraient les fondatrices. Elles ont ensuite eu le mérite de persévérer comme leurs fondatrices. Elles aussi ont bravé contradictions, doutes et attaques de tous genres… Car si l’ensemble de la chrétienté nourrissait admiration et estime pour cette forme nouvelle de vie consacrée, les réactions devenaient plus modérées, parfois nettement réticentes et par moment hostiles quand il s’agissait pour une famille de laisser partir une jeune fille vers ces “ maisons de prière ” d ‘où elle ne ressortait qu’exceptionnellement.
 
            Nos aînées africaines ont eu encore le mérite de soutenir l’élan et le courage des fondatrices françaises, dans cet apprivoisement mutuel, lorsque la différence de culture pouvait créer incompréhension et ralentir la marche en avant. Une de nos fondatrices aujourd’hui actuellement à Koubri évoque ainsi ces premières années : “ Dans ce difficile travail de l’implantation de la vie monastique et de son inculturation dans le milieu africain, toute la communauté, les fondatrices comme les nouvelles arrivées, devaient se mettre à l’écoute de l’Esprit. Lui seul pouvait aider à discerner les signes d’une véritable vocation monastique, les pierres d’attente de la culture locale et  les risques de déviation. Comme dans toute vie à la suite du Christ, il fallait passer par la mort pour accéder à la Résurrection et à la Vie. Que de fois dans les réunions ou les Conseils, nous nous heurtions à des impasses ! Et comme aimait à  le dire la  Mère Abbesse de Valognes qui avait voulu et réalisé la  fondation :

‘ Il faut avancer d’un pas lorsque le Seigneur montre la tache de lumière où l’on peut poser le pied’. Notre force était alors de nous dire : ´ Si le Seigneur le veut, cela se réalisera… `. Elles ont continué à semer….

Enfin, nos premières sœurs africaines ont eu aussi la lourde mais bienheureuse responsabilité d’accueillir des petites sœurs. Elles ont pu alors jouer un rôle d’aînées et très vite de conseillères près des fondatrices. Voilà qu’elles étaient appelées à leur tour à faire grandir d’autres sœurs vers le Seigneur et pour Lui, appelées à leur tour à transmettre  ce qu’elles avaient elles-mêmes reçu.
 
De l’héritage de la culture locale et de l’héritage monastique bénédictin
 
            En 1995, une réflexion avait été menée dans les communautés d’Afrique de l’Ouest sur les valeurs monastiques reçues dans nos monastères. Il était alors apparu que parmi les valeurs héritées de nos racines monastiques, il en est qui ont été particulièrement bien reçues et dont la pratique dynamise nos communautés.
 
 
Ainsi la quête de l’absolu (désir et recherche de Dieu seul), la célébration de l’Office divin,  la vie fraternelle et communautaire, l’hospitalité et le travail bien fait,  et un certain sens de la pauvreté. Il est aisé de comprendre que l’assimilation de ces valeurs est due en grande partie aux atouts de l’héritage culturel lesquels, se conjuguant parfaitement aux principales consignes de RB 72, portent notre pratique du bon zèle avec ses pauvretés et ses luttes, ses ombres et ses nuits.

 
Arrêtons-nous sur quelques-unes de ces valeurs :
 
-       Désir de Dieu ou quête d’absolu.
 
“ Il peut y avoir dans le cœur un bon zèle qui éloigne des vices et conduit à Dieu et à la vie éternelle ” RB 72,2
“ Ils auront pour Dieu une crainte inspirée par l’amour ” RB 72,9
“ Ils ne préféreront absolument rien au Christ ” 72,11
 
C’est très souvent la soif de vivre pour Dieu seul, qui attire une jeune fille africaine dans la vie monastique bénédictine. Et vouloir vivre pour Dieu implique la détermination à se convertir. Il va donc de soi que tout ce qui est mis en œuvre pour aider à cette recherche de Dieu est particulièrement respecté et soigné : silence et solitude, journées de retraite individuelle, temps de lectio et d’oraison, etc. et tout ce qui favorise la vie intérieure, ce qui stimule le zèle pour la célébration de la liturgie.
 
            A Koubri, c’est toujours avec émotion et ferveur, que l’on récite en communauté, au début d’une nouvelle année, cette prière composée à la naissance de la fondation et adaptée pour aujourd’hui :
 
“ Que chacun des membres de cette communauté ait à cœur de poser comme fondement la vie intérieure, la charité, la confiance totale en Dieu, la confiance mutuelle, sans retour sur soi-même. C’est dans une union de plus en plus intime à Dieu et dans une union fraternelle simple et solide que la communauté trouvera sa force, sa paix et sa joie … ”
 
Mais voilà ce qui arrive parfois : malgré la volonté claire de vivre pour Dieu et d’en cultiver les moyens, la ferveur se ralentit. On en vient à grignoter le temps de la lectio  et de l’oraison, pour se laisser accaparer par un surcroît d’activités d’une nécessité réelle ou imaginée ; le sens et le goût de l’ascèse s’émoussent et la sobriété n’attire plus. S’installe l’acédie, à l’opposé du bon zèle. Et petit à petit les autres valeurs d’intériorité – discrétion, stabilité, clôture – deviennent des “ parents pauvres ”.
 
Certes, cette situation de désordre peut être attribuée à l’influence de la société et de la technique modernes qui mettent à notre portée les nouveaux moyens de communication, de formation et d’information : on peut désormais aller plus vite et acquérir plus de choses, mais en même temps on s’agite plus et on fait plus de bruit au-dedans et au dehors.
 
Alors… que sont devenus ce désir de Dieu et cet attrait de l’absolu qui se conjuguaient si bien pour une vie de prière harmonieuse ? D’où vient que cet équilibre se trouve ébranlé par les effets pervers de la modernité ? Comment ne pouvons-nous rester fidèles à nos engagements en usant des meilleurs produits de notre temps ? Il faut se poser honnêtement la question et affronter ces nouveaux défis, même si l’on pressent que les solutions définitives ne sont pas toutes et toujours à notre portée.
 
 
-       Deuxième valeur privilégiée dans nos monastères
 
La vie communautaire de type familial

 
Esprit de famille et sens des liens familiaux, respect des coutumes établies et respect de l’autorité ou de l’aîné… c’est ce qui pourrait faire partie du bagage culturel que l’on apporte avec soi en entrant au monastère.
 
St Benoît nous dit :
“  Chacun voudra être le premier à montrer du respect à son frère ” RB 72,4
“ Ils s’obéiront à l’envi les uns aux autres ” RB 72,6
 
 
Respect de l’autre, charité qui se fait service humble et discret… C’est bien ce qui constitue le nerf de la vie de sœurs en communauté. Plusieurs de nos monastères ont gardé les gestes et attitudes concrets que propose St Benoît  en y ajoutant quelques autres : salut matinal par inclination de la tête quand on se rencontre pour la première fois, satisfaction et salut à ses voisines de chœur quand on arrive en retard à l’Office ; on se lève quand arrive une aînée pour lui céder la place, on salue la responsable d’emploi (pas nécessairement la plus ancienne) quand on y arrive, et l’on ne se retire pas sans avertir par signe, geste ou parole d’excuse. On demande la bénédiction quand on doit sortir du Monastère, ou quand on entreprend un travail particulier.
 
Respect de l’autre et charité discrète s’expriment encore dans le soutien mutuel et le partage des fardeaux les unes des autres : gestes de compassion et marques d’attention au moment d’épreuves, de deuils de famille (prières et intentions partagées en communauté, accompagnement de la communauté… on porte ensemble),  entraide dans les emplois.
“ Ils auront entre eux un amour sans égoïsme ” RB 72,8.
 
            Respect et charité se traduisent également par le souci dans les réunions hebdomadaires – une des forces de notre communauté – que toutes puissent s’exprimer, même celles qui ont le plus de difficultés à cela, et soient vraiment écoutées par toutes. On peut dire que RB 72 invite à ce que chacune ait sa place dans la communauté, avec son tempérament, sa faiblesse… même avec une grande faiblesse. Le mouvement des relations horizontales, initié en Europe après le Concile, a tout de suite tenu à Koubri une place importante dans la vie fraternelle. Une des dernières exhortations de Mère Marie, notre fondatrice et première Prieure, lors d’une réunion de communauté, était pour nous encourager à la confiance mutuelle : “ Que chacune regarde avec bienveillance ce que fait l’autre dans son travail, que nous ayons la bonté au cœur, les unes pour les autres ”.
 
 
            Ailleurs, une autre communauté exprime ainsi son expérience : les réunions de communauté construisent. Et là on a des occasions de pratiquer l’obéissance les unes aux autres : donner par exemple son accord dans les décisions prises par la communauté, et par la suite, défendre ces décisions par rapport à l’extérieur, même si ce n’est pas son propre avis, c’est “ entrer dans le jeu communautaire ”.
“ Ils s’obéiront mutuellement de tout leur cœur ” RB 72,6
 
 
 
 
            Il y a aussi le support des faiblesses… celles des autres et les siennes : on essaie par exemple de respecter sa sœur qui fait la tête, de la respecter dans ses difficultés de caractère, en s’interdisant d’en faire la réflexion en public… Cela aussi, c’est porter la faiblesse de l’autre en union avec Jésus qui porte le péché du monde. Il s’agit bien souvent de vivre l’oubli de soi dans une grande patience les unes envers les autres.
“ Ils supporteront avec une très grande patience, les infirmités… ” RB 72,5
 
 
Une communauté qui marche est avant tout une communauté qui sait vivre la réconciliation. Comme dans la plupart des monastères bénédictins, le chapitre des coulpes où l’on reconnaît ses manquements devant ses sœurs, est le lieu le plus clair de nos réconciliations en communauté. Un peu partout, on cherche régulièrement comment en renouveler la forme, afin d’en faire toujours un lieu de croissance personnelle et de construction communautaire : ici il s’agit de révision de vie tenue régulièrement, là ce sont des rencontres de partage de parole, puis de réconciliation, ailleurs, ce sont des réunions de prière par groupes informels… A Koubri, nous avons instauré il y a un an, un chapitre de “ promotion fraternelle ” et d’action de grâce communautaire : une fois par mois, au cours d’une réunion de communauté (y compris le noviciat) nous partageons les grâces reçues et les signes de croissance que nous avons reconnus dans la communauté.. Vécue dans la vérité et  l’ouverture à l’autre, cette pratique améliore considérablement la qualité de la vie fraternelle et affine le sens de la réconciliation. La bienveillance et l’estime mutuelle sont génératrices de confiance et de bien ! “ Quand je pose un acte bon  vis-à-vis de ma sœur, il me conduit à Dieu ; et quand j’essaie de regarder davantage le bon côté des personnes et des événements, il m’est plus facile de relativiser ce qui est négatif ” écrivait une jeune sœur. N’est-ce pas à ce continuel dépassement que veut nous conduire la pratique du bon zèle ! Aimer toujours et toujours plus… puisque la charité n’a pas de mesure.
 
 
Face à cette valeur de la vie communautaire, les pierres d’achoppement pour la plupart de nos communautés sont nombreuses : la vie fraternelle demeure le terrain de combat du quotidien. Les défis y sont multiples et les obstacles ne manquent pas ! Difficultés de communication liées parfois à la différence de génération, rivalités, soif de domination, manque d’écoute et d’accueil mutuels ; et cet esprit d’indépendance qui regimbe à se faire contrôler : on voudrait être maîtresse de son emploi et on n’admet pas d’autre regard que le sien propre ; et ce manque d’humilité qui conduit à des justifications interminables, parfois à un murmure permanent…  autant de maux qui servent la recherche de soi en paralysant la vie fraternelle.
 
 
Le seul remède à ce mal profond, fruit de l’orgueil et de l’égoïsme, est la conversion. Conversion de chacune en son cœur intime pour croire de nouveau à l’amour qui vient de Dieu seul. “ Prier en acte ”, aime à dire une de nos sœurs : pour cela, raviver notre foi en la présence de Dieu à nos côtés dans le quotidien où Dieu se laisse chercher et trouver. Pour lutter contre l’esprit d’indépendance, le travail reçu et accompli dans la disponibilité et l’obéissance d’un cœur aimant, le service mutuel désintéressé où il ne se glisse pas un désir de se mettre au centre : ce sont autant de brindilles pour alimenter  la flamme du “ Ne rien préférer au Christ ”. Il s’agit d’inventer sans cesse de nouvelles armes de l’amour et d’apprendre à les utiliser pour nous-mêmes et pour ceux qui viennent à nous.
 
 
III – DEMAIN COMME HIER ET AUJOURD’HUI
 
 
            “ Ils ne préféreront absolument rien au Christ ” RB 72,11
 
            Chute de l’Empire romain et Invasions barbares aux 6° et 7° siècles, Révolution française et luttes politiques du 17° au 19° siècles, ravages multiples dans tous les pays du monde après les deux guerres mondiales du 20° siècle … c’est l’histoire… Elle nous dit que la Vie monastique bénédictine est née, s’est développée et a toujours survécu au milieu des troubles, des persécutions et des conflits de toutes natures.
 
            Aujourd’hui c’est le même contexte qui est offert à la Règle de St Benoît aussi bien dans le monde que dans l’Eglise au cœur du monde. Notre Afrique souvent exposée aux courants les plus divers est régulièrement malade : malade de ses propres contradictions, malade des luttes, des violences, des conflits inter-ethniques, etc. Epuisée, elle gère difficilement les interminables secousses que lui imposent tous ces maux ! Elle cherche son souffle et son unité.
 
            C’est au cœur de ce tableau plus que sombre que les fils et filles de St Benoît doivent annoncer la vie et maintenir  l’espérance comme cela s’est fait par le passé en Europe et ailleurs. Nos monastères sont, pour la plupart, en plein développement, même si le rythme de croissance est plutôt lent et parfois imperceptible. Ici ou là il s’en est trouvé qui ont peiné et se sont essouflés dans des pays déjà minés par la guerre ou des luttes diverses. Là où des communautés monastiques n’ont pu survivre, on peut se demander si elles n’étaient pas déjà attaquées de l’intérieur par des difficultés dans la vie communautaire et fraternelle. Elles offraient ainsi des brèches laissant s’infiltrer le venin mortifère de la division et de la violence. Alors ont pu entrer tous les germes de ce zèle amer qui éloigne de Dieu et sépare des autres : intolérances, luttes d’influence et jalousies, mépris, exclusions… Et la nuit est venue, celle de l’échec qui a pu s’assimiler  à une mort.
 
            Mais pour qui croit en Jésus Christ, la vie n’a-elle pas jailli de la mort ! Il a pris sur Lui le mal du monde et est mort en portant ce péché du monde. Et c’est en devenant ce Crucifié qu’Il a transformé nos morts en Vie. L’appel est donc, au plus creux de nos échecs, de croire à la Vie et à l’Amour, toujours… comme nos prédécesseurs qui nous ont passé le flambeau. Mais la foi est un don de Dieu que l’on reçoit dans la liberté d’un cœur ouvert et en soif. Tout recommence si on accepte régulièrement de reprendre le “ chemin de la Vie ” en faisant de nos plaies offertes un lieu de réconciliation.. Pour St Benoît les armes du retour à la vie sont en premier lieu celles de l’Obéissance : elles sont fortes et nobles. Car l’obéissance est le propre de ceux “ qui n’ont rien de plus cher que le Christ ”. (RB 5,2). Et elle convient à celui qui “ ne recherche pas son propre intérêt, mais celui de l’autre ” (RB 72,7).
 
            Avec la détermination de suivre Dieu et de servir le prochain, reviendront toujours la miséricorde et la volonté de faire grandir l’autre. Le sentier de la réconciliation retrouvé et le désir de l’unité rallumé, la communauté peut repartir et revivre, paisible et joyeuse. Elle le demeurera dans la mesure où chacun des membres sera toujours prêt à vivre le renoncement à lui-même et à se donner aux autres  Seule la prière d’adoration dans un cœur à cœur constant avec le Seigneur peut y conduire (cf. ci-dessus : prière de la fondatrice de Koubri). Le Monastère est la Maison de Dieu, rappelait une sœur. Cette Maison ne m’appartient pas ! Et encore : ce que je vois chez mes sœurs peut m’aider à me convertir : le sourire de l’une, la disponibilité d’une autre qui dit “ oui ” tout de suite ; une sœur en prière à l’église, une autre qui travaille en silence ! autant de stimulants pour repartir dans le bon zèle qui conduit à Dieu et à la vie avec Lui pour toujours.
 
            A Kigali en novembre 1992, les religieux et religieuses d’Afrique francophone s’étaient définis “ porteurs d’espérance pour l’Afrique ”. Depuis 1992, il y a eu la tragédie du Rwanda et de la région des Grands Lacs, avec la passion de nos sœurs de Sovu ; il y a eu la guerre au Congo qui a entraîné le départ de nos frères et sœurs de la Bouenza. Ailleurs en Afrique, d’autres drames ont été vécus. Sur la scène internationale, le même scénario se retrouve avec le sommet terrible du 11 septembre 2001 aux USA. Comme hier les fils et filles de St Benoît sont appelés aujourd’hui à proclamer la Vie et à promouvoir la Paix. Et cela bien au-delà de leurs monastères et bien au-delà des frontières de leur pays d’implantation. Car aujourd’hui comme hier, et peut-être demain plus encore qu’aujourd’hui, le sort de chacun dépend du sort de tous.. Et on peut avoir le sentiment que notre humanité est comme de plus en plus appelée à se ramasser sur une planète qui se fait de plus en plus petite. Comment ne pas penser à la vision de N.P.S. Benoît, à la fin de sa vie sur la terre. “ Dans l’éclat d’un rayon de soleil il contempla tout l’univers ”. … celui des hommes et des choses, appelés à connaître la Paix et la Lumière de la Vie véritable.
 
            L’homme a besoin d’amour pour vivre. L’amour et rien que l’amour qui se sacrifie et qui se donne. “ Nul ne recherchera ce qui est utile pour soi, mais plutôt ce qui l’est pour autrui ” (RB 72,7). Comme hier et comme aujourd’hui, nos monastères auront demain à offrir au monde ce dont il a toujours eu le plus urgent besoin : l’espérance qui fait affirmer que la paix est possible à condition qu’on la reçoive comme un don de Dieu, tout en “ la recherchant et la poursuivant avec ardeur ”( RB Prol 17) (cf. Ps 33,15)
 
            “ L’idéal monastique tel qu’il a été vécu dès l’origine sur la terre africaine, est celui d’une vie humble et cachée, tout entière orientée vers la recherche de Dieu. Visant à la réalisation parfaite de la charité évangélique, dans une effective séparation du monde et une vie en  commun de frères “ ne faisant qu’un cœur et qu’une âme ”, le monastère sera un témoignage des exigences du Royaume de Dieu et de sa présence parmi les hommes ”.( Dom Jean Leclercq en 1964 à Bouaké). Maison de Dieu, aimé et adoré, maison de frères ou de sœurs, brûlés par ce bon feu qui “ conduit à Dieu et à la vie avec Lui pour toujours ”,  (RB 72,12) appelés à être témoins de la charité du Christ, “ afin que beaucoup d’hommes croient à l’amour ” (cf. Jn,1), et “ qu’en tous lieux, Dieu soit glorifié ” (RB 57 et 1 P,4,11).
 
EN GUISE DE CONCLUSION
 
            “ Qu’il nous conduise en communauté à la vie avec Lui pour toujours ” RB 72,12
 
            L’amour  est le fondement de tout : voilà ce que nous redit le chapitre 72 de la Règle de N.P.S.Benoît. Or, devant les exigences de la charité, nous sommes toujours faibles, notre pratique est pauvre. C’est le Christ qui nous rassemble, nous unit. C’est en Lui seul et par Lui que nous pouvons aimer nos sœurs et à travers elles, tous les hommes, sauvés et réconciliés par le sang de sa Croix.
 
            Une jeune sœur de ma communauté à qui je demandais  comment personnellement elle comprenait et vivait le bon zèle m’écrivait ceci : “ Chaque jour que le Seigneur me donne, j’essaie de le passer en aimant, en faisant soigneusement mon travail. Je me dépêche pour le finir et être à l’heure. J’essaie de me donner à ma communauté de bon cœur, et dans l’ouverture à mes sœurs ”. Tout passe, nous disait un jour notre mère maîtresse, mais l’amour avec lequel vous accomplissez les activités de la journée demeure jusque dans l’éternité.
 
ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE
 
Témoignages recueillis auprès de monastères d’Afrique de l’Ouest.
Pentecôte d’Afrique               n° 18 (déc 94) et 20 (janv 95)
Renaissance de Fleury            n° 198 (juin 2001) Monastères en terre d’Afrique
Petits Traités Spirituels         La vie en communauté – P. Bernard Ducruet
Vie Consacrée                         mars 1979 : un article de Jean Vanier


QUESTIONS           POUR PARTAGE EN CARREFOURS
 
 
1 – Pouvez -vous partager un événement fondateur (ou parler d’une personne) qui a marqué l’histoire (passée ou récente) de votre communauté et qui vous dynamise dans la pratique du bon zèle.
 
2 – a) Que faites-vous concrètement pour stimuler la pratique du bon zèle dans votre        communauté (un ou deux exemples).
       b) Dans votre pratique actuelle du bon zèle, quelle est la consigne avec laquelle vous avez le plus de difficultés ?
 
3 – Avez-vous parfois remarqué dans votre communauté un ralentissement de zèle chez des sœurs qui avaient montré beaucoup de zèle au début de leur vie monastique ? D’où cela vient-il ? Comment y remédier ?
 

4  - Qu’auriez-vous envie de dire à votre communauté pour définir l’orientation à donner à la pratique du bon zèle, pour l’avenir ?