Bulletin 119, septembre 2020

"La formation monastique aujourd'hui" (1re partie)

Editorial

Dom Jean-Pierre Longeat, osb

Président de l’AIM

 

JPLongeat2018Il est important pour l’AIM de faire régulièrement le point sur les propositions de formation monastiques à travers le monde. Celles-ci évoluent inévitablement avec le développement et les initiatives des monastères dans chaque région.

Les initiatives sont nombreuses. Il nous a semblé utile, pour donner un large écho à une matière aussi importante, d’y consacrer deux numéros, les 119 et 120. Si à la lecture du 119, certains ou certaines souhaitaient apporter des informations sur tel ou tel de leurs projets, qu’ils nous écrivent et nous verrons comment ajouter leur apport dans le bulletin 120.

La formation dont il est question ici concerne surtout la vie monastique elle-même et les conditions nécessaires pour son actualité et son développement. La question des études de philosophie, théologie et des spécialités de type universitaire pourraient faire l’objet d’un traitement à part : elle n’entre pas directement dans l’approche des présents numéros du Bulletin.

En matière de formation initiale, chaque communauté conserve sa part de responsabilité. À ce titre, comme on l’a rappelé dans le document « Miroir de la vie monastique », c’est la communauté tout entière qui est formatrice ; mais il est important aussi d’élargir l’horizon des membres avec des temps de formation continue ; et il faut veiller par ailleurs à ce que chaque communauté soit en mesure de susciter et former des responsables.

Les Ordres, Congrégations et Régions monastiques proposent des formations propres tant au niveau des inter-noviciats que des sessions pour jeunes profès, pour formateurs, pour supérieurs ou pour d’autres responsables.

Saint Benoît, dans sa Règle, dit vouloir fonder une école du service du Seigneur. C’est un projet évocateur. Nous sommes invités à rester en état d’écoute et d’échange de connaissances aussi bien que d’expériences, tout au long de notre vie. Selon une autre image employée par saint Benoît, la formation s’acquiert dans le cadre d’une armée fraternelle (chap. 1) où le côtoiement, les tensions, les encouragements, la lutte en commun contre tous les obstacles s’exercent à plein, en vue d’une vraie conversion pour vivre le commandement de l’amour. Elle se déploie encore au sein d’un atelier (chap. 4) où l’on apprend à se servir de tous les outils spirituels mis à notre disposition.

Toute la perceptive de la formation monastique vise à permettre aux frères et aux sœurs de nos communautés d’expérimenter le chemin qui nous conduit tous ensemble à la vraie vie selon l’inspiration de l’amour de Dieu. Ainsi, « sous la conduite de l’Évangile », « ne nous écartant jamais de l’enseignement du Christ et persévérant jusqu’à la mort dans sa doctrine au sein du monastère, nous participerons par la patience aux souffrances du Christ pour mériter d’avoir part à son royaume » (cf. Prologue de la Règle et chapitre 72). La charte des Béatitudes ouvrant l’Évangile selon Matthieu est une belle illustration de ce propos de formation.