Voyage dans le sud de l’Afrique
Juin 2015

Sœur Gisela Happ, osb, Secrétaire générale de l’AIM

 

ElephantsEn juin 2015, sœur Gisela Happ et le frère Ansgar Stüfe, de l’Équipe internationale, ont visité un certain nombre de communautés d’Ouganda et de Namibie. Sœur Gisela décrit ici le contexte dans lequel vivent ces communautés.

 

1 - Ouganda

L’Ouganda, officiellement République de l’Ouganda, est un pays enclavé de l’Afrique de l’est. Il est bordé à l’est par le Kenya, au nord par le Sud-Soudan, à l’ouest par la République Démocratique du Congo, au sud-ouest par le Rwanda et au sud par la Tanzanie.

Après l’Éthiopie, l’Ouganda est le second pays enclavé le plus peuplé du monde. La partie méridionale du pays comprend une part importante du lac Victoria, partagé avec le Kenya et la Tanzanie ; le pays est en effet situé dans la région des Grands Lacs africains. L’Ouganda se trouve aussi dans le bassin du Nil ; il a un climat varié mais surtout équatorial.

À partir de 1894, le pays a été sous protectorat britannique : le droit administratif y a été établi sur tout le territoire. L’Ouganda a obtenu son indépendance de la Grande-Bretagne le 9 octobre 1962. Depuis il eut une période de conflits intermittents et, récemment, une longue guerre civile contre l’Armée de Résistance du Seigneur, conflit qui a causé des dizaines de milliers de morts et entraîné le déplacement de plus d’un million de personnes.

Les langues officielles sont le swahili et l’anglais. Le luganda, une langue centrale, est aussi très parlé dans le pays ; plusieurs autres langues sont également utilisées, telles que le runyoro, le runyankole rukiga, le langi et d’autres encore.

L’actuel président de l’Ouganda est Yoweri Kaguta Museveni, arrivé au pouvoir en janvier 1986, après une longue période de guérilla qui a duré six ans.

L’économie de l’Ouganda génère des recettes à l’exportation : café (466,6 millions de dollars par an), thé (72,1 millions), poisson (136,2 millions) et autres produits. Le pays a entrepris des réformes économiques et la croissance est robuste. En 2008, l’Ouganda a enregistré 7 % de croissance en dépit du ralentissement économique mondial et de l’instabilité régionale.

L’Ouganda a des ressources naturelles importantes : des sols fertiles, des pluies régulières et importantes, des gisements de cuivre et de cobalt. Le pays a aussi des réserves largement sous-exploitées de pétrole brut et de gaz naturel.

Alors que l’agriculture représentait 56 % de l’économie en 1986, avec le café comme principal produit d’exportation, elle a maintenant été dépassée par le secteur des services, qui représentait 52 % du PIB en 2007. Dans les années cinquante, le régime colonial britannique a encouragé quelques 500 000 agriculteurs à rejoindre les coopératives.
Depuis 1986, le gouvernement (avec le soutien de pays étrangers et d’organismes internationaux) a œuvré pour remettre en état une économie dévastée durant le régime d’Idi Amin et la guerre civile.

Survol de la situation économique

L’Ouganda a été parmi les premiers pays subsahariens à se lancer dans la libéralisation et la politique pro-marché (dès la fin des années 1980). La croissance du produit intérieur brut réel (PIB) était en moyenne de 7 % par an dans les années 1990 et 2000 mais, depuis 2006 et ensuite, le pays a été victime de l’instabilité économique mondiale : la croissance de son PIB a alors diminué et atteint 5 % en moyenne.

De récentes statistiques concernant les comptes du pays pour l’exercice 2009-2010 et le recensement de la population de 2014 donnent à penser que l’économie ougandaise dépasse d’environ 20 % ce qui avait été précédemment calculé. Pour améliorer ceci, un grand programme d’investissements publics devrait stimuler la croissance, mais les investissements privés restent modérées.

L’économie a cru d’environ 5,6 % en 2014-2015 et continue de croître, car les investissements pétroliers et les programmes de construction de grandes infrastructures devraient y aider. Le secteur agricole, qui emploie la majeure partie de la population active, est par contre peu susceptible d’atteindre des taux élevés de croissance en raison des contraintes pesant sur l’offre, de l’utilisation limitée d’intrants, du manque de systèmes d’irrigation et du faible niveau de mécanisation.

Challenges pour le développement

L’Ouganda a accompli d’importants progrès pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), en particulier en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes, la réduction de la mortalité infantile, afin d’assurer un environnement durable et de développer un partenariat mondial pour le développement.

Les deux décennies de forte croissance économique et la réduction de la pauvreté (56 % en 1992-1993, 19,7 % en 2012-2013), surpassent la cible 2015 de l’OMD qui visait à réduire de moitié le taux de pauvreté. Toutefois, l’Ouganda reste un pays très pauvre.

Bien que le taux de pauvreté ait baissé, le nombre absolu de pauvres a relativement peu diminué en raison d’une forte croissance démographique et le doublement, depuis 1990, de la population de l’Ouganda. En outre, le seuil de pauvreté est faible et beaucoup restent pauvres ou exposés à la pauvreté. L’inégalité, également élevée selon les normes internationales (0,438), pourrait compromettre les résultats déjà obtenus dans la croissance et la réduction de la pauvreté.

C’est un défi-clé pour accélérer les progrès vers un statut de revenu moyen et de promotion de la prospérité partagée : accroître la productivité dans les secteurs qui emploient la plupart destravailleurs ou qui conduisent au déplacement de personnes issues d’activités à faible productivité.

Selon le recensement de 2002, les chrétiens constituent environ 84 % de la population de l’Ouganda. L’Église Catholique a le plus grand nombre de fidèles (41,9 %), suivie par l’Église Anglicane de l’Ouganda (35,9 %). Les Adventistes, les Églises protestantes évangéliques, les Pentecôtistes, etc., forment le reste de la population chrétienne ; il y a également une petite communauté orthodoxe.
Les presbytériens sont de plus en plus nombreux : Église presbytérienne d’Ouganda, Église presbytérienne réformée d’Ouganda, l’Église évangélique libre d’Ouganda,  avec des centaines de congrégations affiliées. Ensuite vient l’Islam avec 12 % de musulmans dans la population de l’Ouganda. La population musulmane est principalement sunnite. Il y a aussi des minorités qui sont chiites (7 %), Ahmadiyya (4 %), sans-appartenance confessionnelle musulmane, musulmans soufis, musulmans Muwahhid. Le reste de la population est de religion traditionnelle (1 %), Baha‘i (0,1 %), d’autres religions non chrétiennes (0,7 %). 0,9 % n’ont aucune affiliation religieuse. Les régions du nord et à l’ouest du Nil sont majoritairement catholiques, tandis que le district d’Iganga, dans le nord-est de l’Ouganda, a le pourcentage le plus élevé de musulmans. Le reste du pays présente un mélange de religions.

En Ouganda il existe :

TororoHo– Un monastère OSB/H :

Monastère du Christ-Roi, à Tororo
Congrégation de Saint-Ottilien. Fondé en 1984, devenu prieuré en 1993. 14 profès, 5 profès temporaires, 4 novices.

– Quatre monastères OSB/F :

• Les bénédictines du Saint-Sacrement, à Tororo
TororoFeMonastère fondé le 8 juillet 1960 par la Fédération néerlandaise des religieuses bénédictines du Saint-Sacrement de Breda, Pays-Bas. Monastère autonome le 15 août 1966. Juridiction diocésaine. 16 professes, 10 professes temporaires, 3 novices.
La communauté fabrique du pain d’autel et des vêtements liturgiques, élève des vaches laitières, lapins, cochons, chèvres. Elle possède une hôtellerie et un petit magasin d’articles religieux. Les sœurs cultivent aussi de la bonne terre qui leur appartient à quelques kilomètres du prieuré.

Jinja• Les bénédictines missionnaires, à Jinja (sœurs bénédictines missionnaires de Tutzing)
Fondation en 1993 en tant que maison de mission. 8 professes, 7 professes temporaires, 3 novices.
Jinja se trouve sur la rive nord du lac Victoria. Les sœurs y ont construit un dispensaire, une maternelle et une école primaire. Les terres fertiles et les conditions climatiques modérées permettent aux sœurs de récolter fruits et légumes. Elles possèdent aussi du bétail. « Le dispensaire tenu par les sœurs a reçu un prix qui marque la reconnaissance officielle des autorités gouvernementales. Cinq membres de la communauté, parmi lesquelles l’administratrice du dispensaire, avec une équipe de trente laïcs, gèrent chaque jour quelque 200 patients externes. L’école primaire et maternelle a un total de 700 enfants jusqu’à l’âge de treize ans. L’école offre également un internat pour cent élèves, en particulier des orphelins et des victimes de mauvais traitements et de la misère sociale. » (Cf. Bulletin de l’AIM n° 105, 2013, pp. 86-87, article du père Mark Butlin.)

• Les sœurs de la congrégation Grâce and Compassion, à Jinja
Congrégation de Grâce and Compassion d’Irundu. Couvent fondé en 2003. 7 professes, 7 professes temporaires, 2 novices.

• Les sœurs de l’adoration perpétuelle de la Très Sainte Trinité, à Arua
AruaLes sœurs de l’adoration perpétuelle de l’Ouganda sont des contemplatives cloîtrées ; congrégation fondée en 1960 par le premier évêque du diocèse de Arua, Mgr Angelo Tarantino, et Mère Anastasia Fumagalli, co-fondatrice.
Avec le temps, les sœurs ont découvert qu’il fallait s’intégrer dans une vraie spiritualité monastique et elles ont adopté la règle de saint Benoît comme guide. Elles ont donc rejoint les bénédictines du Saint Sacrement. À l’heure actuelle, il y a 19 professes au monastère.
Le monastère possède 200 hectares de terre cultivable et du bétail. Les sœurs ont plusieurs types d’activités générant des revenus : la confection de vêtements, en particulier les habits du clergé, une pâtisserie, un atelier de fabrication d’hosties et de cierges. Cela amène une clientèle très large, y compris venant du Congo-Kinshasa. (Cf. Bulletin de l’AIM n° 105, 2013, pp.83-86, article du père Mark Butlin.)

– Deux monastères OCSO :

Victoria• Victoria (OCSO/H)
Fondé en 1956 par Tilburg (Pays-Bas) au Kenya. La communauté a été transférée du Kenya vers l’Ouganda en 2008, après les troubles au Kenya.
La communauté comprend 19 moines dont plus de Kényans que d’Ougandais. La communauté n’a pas encore de bâtiment pour le monastère proprement dit. Elle loge dans le bâtiment prévu pour l’hôtellerie. La communauté élève des cochons et possède un poulailler. L’évêque de Masaka a offert généreusement un terrain de 200 hectares, terre marécageuse qui nécessite beaucoup d’effort pour une mise en culture. (Cf. Bulletin de l’AIM n° 105, 2013, pp. 81-82, article du père Mark Butlin.)

Butende• Butende (OCSO/F)
Fondé en 1964 par Berkel-Enschot (Pays-Bas).
En 2014, la communauté a célébré le jubilé d’or de sa fondation. 28 sœurs dont une néerlandaise. L’hôtellerie de trente-cinq chambres est une bonne source de revenus. Les sœurs possèdent des vaches laitières, des porcs et un poulailler. Elles récoltent une grande variété de fruits et légumes. Elles fabriquent une crème pour la peau à base d’aloé-vera ; elles confectionnent des soutanes pour trois séminaires. La communauté possède aussi un magasin. (Cf. Bulletin de l’AIM n° 105, 2013, pp. 82-83, article du père Mark Butlin.)

 

2- Namibie

NamibietrioLa Namibie, officiellement République de Namibie (en allemand : Republik Namibie ; en afrikaans : Republiek van Namibië), anciennement Sud-Ouest Africain Allemand, puis Sud-Ouest Africain, est un pays du sud de l’Afrique, bordé à l’ouest par l’Océan Atlantique.

Elle a des frontières avec la Zambie et l’Angola au nord, avec le Botswana à l’est et avec l’Afrique du Sud au sud et à l’est. Même si elle n’a pas de frontière avec le Zimbabwe, moins de 200 mètres les séparent à leur point le plus proche, au niveau du Zambèze (il existe un petit « renflement » du Botswana qui réalise une « micro-frontière » Botswana – Zambie).

Elle est devenue indépendante de l’Afrique du Sud le 21 mars 1990, après la guerre d’indépendance namibienne. Sa capitale et plus grande ville du pays est Windhoek. La Namibie est un État membre de l’ONU, de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), de l’Union Africaine (UA) et du Commonwealth.

Les terres arides de la Namibie sont habitées depuis les temps anciens par les San, les Damara et les Nama et, depuis le XIVe siècle,  par les Bantous ayant émigré lors de l’expansion bantoue. La plus grande partie du territoire est devenue protectorat allemand impérial en 1884 et est restée colonie allemande jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale.

En 1920, la Société des Nations a placé le pays sous mandat de l’Afrique du Sud, qui lui a imposé ses lois et, à partir de 1948, sa politique de l’apartheid. Le port de Walvis Bay et les îles côtières de Penguin avaient été annexées par la colonie du Cap sous domination de la Couronne britannique, en 1878, et devinrent partie intégrante de la nouvelle Afrique du Sud lors de sa création en 1910.
Des soulèvements et des demandes de la part des dirigeants africains ont amené l’ONU à en assumer la responsabilité directe. L’Organisation du Peuple du Sud Ouest Africain (SWAPO) est reconnue comme représentant officiel du peuple namibien en 1973. La Namibie, cependant, resta sous administration sud-africaine. À la suite de violences internes, l’Afrique du Sud met en place une administration intérimaire de la Namibie en 1985.

La Namibie a obtenu son indépendance de l’Afrique du Sud en 1990, à l’exception de Walvis Bay et des Iles Penguin qui sont restés sous contrôle sud-africain jusqu’en 1994.

La Namibie a une population de 2,1 millions d’habitants ; c’est une démocratie parlementaire multipartite stable. Agriculture, élevage, tourisme et industrie minière (y compris les mines de diamants, uranium, or, argent et métaux de base) forment la base de son économie. Compte tenu de l’existence du désert aride du Namib, c’est l’un des pays les moins densément peuplés du monde. La Namibie jouit d’une bonne stabilité politique, économique et sociale.

Depuis qu’elle a obtenu son indépendance de l’Afrique du Sud en 1990, la Namibie a connu des succès considérables résultant d’une gestion économique saine, d’une bonne gouvernance, de libertés civiques fondamentales et du respect des droits de l’homme. La Namibie a hérité d’une infrastructure qui fonctionne bien, d’une économie de marché, de riches ressources naturelles et d’une administration publique relativement forte.

Le pays a aussi hérité d’extrêmes inégalités sociales et économiques, mais elles disparaissent de Namibie où il y a une société hautement dualiste.

En outre, le pays est sensible aux chocs environnementaux à court et long termes et ses sources principales de croissance dépendent fortement d’un écosystème fragile. Ces facteurs rendent difficile la création d’emplois, et la pauvreté comme les inégalités restent beaucoup trop élevées.

La Namibie a beaucoup progressé et fait face à de nombreux défis de développement. L’accès à l’éducation de base, aux soins de santé élémentaires et à l’eau potable est élevé et en croissance. Une politique publique raisonnée contribue à jeter les bases de l’égalité des sexes.

Depuis son indépendance, la Namibie a été leader dans le domaine de la conservation des ressources naturelles, la « surface de conservation »  passant de 15 % en 1990 à 43 % en 2012. Les 1 570 kilomètres du littoral sont placés sous un statut de protection.

La Namibie soutient des programmes de protection sociale pour les personnes âgées, les handicapés, les orphelins, les enfants vulnérables et les anciens combattants, ainsi que des programmes nationaux qui financent les congés de maternité, les congés de maladie et les prestations médicales des travailleurs.

Néanmoins de redoutables défis persistent. Bien que le revenu par habitant de 5840 dollars en Namibie (2013, méthode Atlas) la place dans le groupe situé au-dessus de la moyenne par la Banque Mondiale (GBM), cette image du revenu est trompeuse car la répartition des revenus en Namibie est parmi les plus inégales du monde, avec un coefficient de Gini estimé à 0,5971 par la dernière enquête sur les ménages (2009-2010).

L’incidence de la pauvreté est grande, même si elle a un peu diminué au cours des dix dernières années. 21 % des individus consommaient moins de 1,25 dollars par jour en 2009, alors qu’ils étaient 49 % en 1993 (calculs WBG). Le chômage reste très élevé depuis des décennies et est estimé à 29,6 % en 2013 (données de l’Agence de Statistiques de Namibie [NSA]).

La Namibie est classée 127e sur 187 pays étudiés dans le Rapport du Développement Humain de 2014. Bien que la Namibie soit en bonne voie pour atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire (MDG) sur l’éducation, l’environnement et l’égalité entre les sexes, la gravité de l’épidémie de sida a anéanti les efforts entrepris pour satisfaire les objectifs du MDG afin de réduire la mortalité infantile (MDG 4), améliorer la santé maternelle (MDG 5) et lutter contre le VIH/SIDA, le paludisme et les autres maladies (MDG 6).

Challenges de développement

Bien que la Namibie ait connu une croissance économique et malgré une politique macroéconomique prudente, il n’y a pas eu suffisamment de créations d’emplois pour surmonter la répartition inéquitable des revenus des actifs (notamment à la campagne) ni pour augmenter le niveau de vie des populations pauvres des zones rurales ou urbaines. Au niveau gouvernemental il est à l’ordre du jour de faire baisser le taux de chômage qui est trop élevé.

Les industries en croissance génèrent peu d’emplois nouveaux. Dans le même temps, il y a une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, qui reçoit par conséquent des salaires et des primes élevées ; cette pénurie résulte généralement des mauvais résultats du système éducatif et d’une politique d’immigration restrictive.

De même, malgré un déclin du taux d’infection par VIH, passé, pour la tranche d’âge 15-49 ans, à 14,3 % en 2013 contre 16,1 % en 2000, les nouvelles infections à VIH restent une préoccupation majeure (données de l’ONU-Sida). La Namibie a également l’un des taux d’incidence de la tuberculose les plus hauts du monde : 655 pour 100 000 habitants (OMS, données de 2012). La dénutrition infantile est répandue en Namibie. Les retards de croissance sont élevés : 24 % des enfants de moins de cinq ans ; la proportion la plus élevée se trouvant dans les ménages pauvres (Demographic and Health Survey 2013).

Le pays va connaître sous peu une grave crise économique. La demande d’électricité augmente rapidement, provoquée par l’urbanisation et le développement du secteur minier. Les accords à long terme d’achat d’électricité à bas coût vont expirer. Et pourtant le pays n’a construit aucune centrale importante de nouvelle génération depuis l’indépendance. Le prix de gros de l’électricité a atteint des taux à deux chiffres lors de ces dernières années.

Tous les secteurs majeurs de revenus (mines, tourisme, élevage et pêche) sont sensibles aux chocs économiques et écologiques extérieurs. La demande étrangère dans chaque branche d’activité est cyclique, saisonnière ou imprévisible, avec des conséquences sur l’emploi, les revenus et les recettes publiques.

Tous ces secteurs sont à la merci des risques de changements climatiques ou des politiques des autres pays pour lutter contre ce changement climatique. Le pays a souffert de graves inondations au cours des trois dernières saisons de pluies qui suivent la période de sécheresse annuelle.

Enfin, le gouvernement a exprimé l’inquiétude que sa situation financière soit confrontée à des risques à long terme dans les années à venir. Outre les facteurs déjà énumérés, les sommes reçues par la Namibie de la part de l’Union Douanière d’Afrique Australe (SACU), sommes qui représentent près de 35 % des recettes publiques et plus de 13 % du PIB namibien en 2014/15, devraient diminuer au fil du temps.

Les dépenses de personnel devraient atteindre 16 % du PIB l’an prochain (Ministère des finances, données de 2014). Le Ministère des finances prend des mesures pour limiter l’augmentation des dépenses totales et accroître les revenus, notamment en augmentant les taxes sur le secteur minier et en supprimant plusieurs niches fiscales.

En juillet 2012, a été lancé le 4e Plan National de Développement (NDP4) ; il orientera les politiques jusqu’en 2017. La croissance économique, la création d’emplois et l’augmentation des revenus pour les rendre plus égalitaires sont les trois grands objectifs du NDP4. Il se propose d’atteindre ces objectifs au moyen d’une politique industrielle visant à stimuler le développement du tourisme, la logistique du commerce régional, l’agriculture et les fabrications (principalement en augmentant la transformation de matières premières).

La réduction de l’extrême pauvreté et l’amélioration de l’éducation, de la santé, des infrastructures et de l’environnement des entreprises sont considérés, par le NDP4, comme « facilitateurs de base » devant soutenir les priorités économiques. Le NDP4 présente dix « résultats à atteindre » ainsi qu’un indicateur pour apprécier s’ils sont atteints et des stratégies générales pour les atteindre ; le ministère sera le maître d’œuvre. Ce choix sélectif contraste nettement avec les NDP précédents dont les programmes concernaient l’ensemble de la politique publique.

Monastères de Namibie

Nubuamisecole– Prieuré Saint-Benoît, à Windhoek (sœurs bénédictines missionnaires de Tutzing)

1920 : arrivée de sœurs bénédictines missionnaires, anciennes Missionnaires de l’Afrique de l’Est, à Windhoek. Saint-Benoît de Windhoek est érigé en prieuré en 1923.
1999 : 58 sœurs bénédictines namibiennes de Oshikuku sont intégrées au prieuré de Windhoek.
2000 : transfert du prieuré de Nubuamis à Windhoek. En décembre 2015, le prieuré a célébré ses quatre-vingt-quinze ans de présence en Namibie.
Il y a 77 professes solennelles, 26 professes temporaires, 13 novices, soit un total de 116 soeurs réparties en 10 communautés.
Les sœurs installées à Nubuamis ont créé une école maternelle.

Oshikukuchurch– Sœurs bénédictines, à Oshikuku

Congrégation fondée en 1932 au Vicariat apostolique de Windhoek pour les femmes indigènes. Érection canonique le 14 août 1937. Les constitutions sont approuvées la même année et reconnues en 1957 et 1981 - Droit diocésain.
Il y a 100 professes solennelles, 20 professes temporaires et 17 novices soit 137 sœurs réparties en 17 communautés.
Les sœurs sont engagées dans divers apostolats : enseignements divers, santé, catéchisme, soins des orphelins et des enfants vulnérables... Elles ont fondé une école qui propose différentes activités comme la couture, la cuisine, l’informatique, l’horticulture.

– Moines bénédictins de Waldfrieden / Omaruru

Fondé en 1998 par Inkamana (Afrique du Sud).